Joseph Blatter, président démissionnaire de la Fifa, a milité ce week-end pour un élargissement du comité exécutif, alors qu'il préconisait l'inverse pour le gouvernement du foot mondial il y a deux semaines : que prépare-t-il, alors que certains pensent toujours qu'il pourrait se représenter ?
Le 5 juin, dans son billet de l'hebdomadaire de la Fifa, le Suisse écrivait à propos du comité exécutif de l'instance : « La taille du comité exécutif doit être réduite et ses membres devraient être élus par le congrès. » Deux semaines plus tard, vendredi, changement de cap dans le même support : « Il ne faut pas redistribuer les places au sein du comité exécutif, mais plutôt procéder à un élargissement adapté de cet organe. » Ce revirement laisse « plus que perplexes » certains décideurs dans les instances, qui réclament désormais un « vrai changement, un nouveau leadership pour retrouver une crédibilité ».
Blatter a aussi écrit vendredi que « les confédérations doivent être représentées proportionnellement au nombre de leurs fédérations membres », ajoutant que « ce principe démocratique est en contradiction avec la situation actuelle, qui fait que la confédération africaine de football (54 membres) et la confédération asiatique de football (46 membres) n'occupent respectivement que cinq et quatre postes sur les 25 sièges du comité exécutif ».
Est-ce une façon de sous-entendre que l'UEFA a une trop grande représentativité ? L'Europe représente 53 fédérations (Gibraltar, la 54e, n'est pas reconnue par la Fifa) et dispose de 8 sièges au comité exécutif, dont celui de Michel Platini, président de l'UEFA. En élargissant le comité exécutif, sans toucher aux sièges de l'UEFA, mais en octroyant plus de places aux Africains et aux Asiatiques, qui sont fidèles à Blatter, l'influence des Européens se réduirait en tout cas dans le pôle de décision. Le tacle direct de Blatter à l'UEFA va plus loin, quand il évoque un « examen d'intégrité » des principaux responsables, « sujet qui, par le passé, a été bloqué par nul autre que l'UEFA ». « La Fifa n'a pas réussi à mener ses enquêtes d'intégrité centralisées jusqu'ici, comment lui faire confiance ? » rétorque-t-on de source proche du dossier.
La thèse d'un incroyable come-back de Blatter a déjà été évoquée par la presse anglaise puis la presse suisse, forçant même la semaine dernière Domenico Scala, le monsieur élections de la Fifa, président du comité d'audit et de conformité, à réaffirmer l'absolue nécessité d'un changement. Mais certaines voix évoquent toujours une volte-face possible.
En annonçant sa démission, Blatter pourrait-il avoir fait baisser la pression autour de lui, se laissant le temps de préparer des réformes et dire ensuite qu'un certain nombre de fédérations continuent à le soutenir ? Blatter a conclu son billet sans répondre à ces échos : « Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons faire avancer le processus de réformes. J'en répondrai jusqu'à mon dernier jour en poste. »
(Source : AFP)


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