Un « dunk » de Festus Ezeli (Golden State Warriors) dans la seconde mi-temps du match n° 6 contre les Cleveland Cavaliers, mardi soir. Ezra Shaw/Getty Images/AFP
La meilleure équipe de NBA a terrassé le meilleur joueur du monde : après quarante années d'attente, Golden State n'a pas laissé passer sa chance mardi soir face à LeBron James, qui a capitulé après avoir tenu à bout de bras Cleveland, seul ou presque, durant toute la saison.
Les Warriors se sont imposés quatre victoires à deux dans la finale 2015 après avoir décroché la quatrième victoire sur le parquet de Cleveland 105 à 97. La franchise californienne, longtemps moquée à travers tous les États-Unis pour ses échecs répétés, qui ne figurait pas parmi les prétendants au titre en début de saison, attendait ce trophée depuis 1975 et en compte désormais quatre à son palmarès.
Comme un symbole de son impressionnante domination depuis novembre, ce match n° 6 a été maîtrisé de bout en bout par Golden State. La meilleure équipe de la saison régulière a toujours fait la course en tête à l'exception des trois premières minutes de la rencontre et un très bref moment durant la 3e période. Elle a compté jusqu'à 15 points d'avance (73-58) et a écœuré définitivement LeBron James et ses coéquipiers qui, après avoir remporté deux des trois premiers matches, ont concédé trois défaites successives.
Douce revanche pour Curry
« On a trouvé la recette du succès, on n'en a jamais dévié. C'est vraiment spécial de réussir une telle saison du début à la fin », a souligné Stephen Curry, le meneur des Warriors, élu meilleur joueur de la saison 2014-2015. Son équipe n'a connu que cinq défaites lors des play-offs pour douze victoires. Elle avait réussi une saison régulière quasiment sans précédent dans l'histoire, avec 67 victoires en 82 matches et seulement deux défaites dans leur salle.
Le sacre de Golden State, qui succède à San Antonio, est d'abord celui de Curry, qui a connu un début de finale délicat avant de retrouver sa redoutable efficacité au tir, notamment à trois points, lors des trois derniers matches. « Le dernier quart-temps a été le plus long de toute ma vie. C'est incroyable de remporter ce titre quand je pense à tout le chemin parcouru avec cette équipe depuis que j'ai été drafté en 2009 », a souligné ce fils d'un ancien joueur de NBA passé notamment par Cleveland.
La revanche est douce pour Curry, qui a longtemps suscité le scepticisme parmi les entraîneurs de NBA à cause de son physique relativement modeste (1,91 m, 86 kg). Il a explosé cette saison sous la direction de Steve Kerr, l'autre artisan de ce sacre.
Kerr, premier « rookie » sacré depuis 1982
L'ancien coéquipier de Michael Jordan, quintuple champion NBA avec Chicago et San Antonio, a frappé fort à 49 ans dès sa première saison comme entraîneur de NBA : il est le premier coach débutant sacré dès sa première saison depuis Pat Riley, en 1982, avec les Los Angeles Lakers.
« J'ai eu la chance de jouer avec des joueurs exceptionnels et d'être dirigé par des entraîneurs sans équivalent », a insisté Kerr, tenant d'un basket total proche de celui des San Antonio Spurs de Gregg Popovich, l'un de ses mentors. « J'ai eu la chance aussi d'hériter d'une équipe déjà fantastique et d'avoir parmi mes joueurs quelqu'un comme Steph, travailleur et pensant constamment au bien de l'équipe », a-t-il rappelé.
De son côté, LeBron James a perdu sa seconde finale consécutive et la seconde, également, avec Cleveland. « King James », revenu l'été dernier à Cleveland après quatre saisons et deux titres avec Miami, a pourtant sans doute disputé la meilleure finale de sa carrière. Après les blessures de Kevin Love et de Kyrie Irving, ses deux partenaires du « Big Three », il a tenu son équipe, inexpérimentée à ce niveau, à bout de bras pendant toute la finale, avant de rendre les armes.
« King James », auteur de 32 points mardi soir, n'a pas réussi à mettre fin à la « malédiction » touchant l'Ohio, qui n'a plus remporté de titre majeur en sport professionnel depuis 1964. « C'est ma quatrième finale perdue, c'est dur, cela fait mal, j'ai tout donné, il va falloir donner encore plus », a-t-il admis.
(Source : AFP)
Chiffres et anecdotes de la finale
– 0 : le nombre de titres NBA conquis par Cleveland depuis sa création en 1970. Les Cavaliers disputaient la deuxième finale de leur histoire et, piètre consolation, ont fait beaucoup mieux que lors de leur première tentative : en 2007, ils avaient été balayés par les San Antonio Spurs quatre victoires à zéro. L'attente commence à être longue pour les habitants et la ville de Cleveland : le dernier titre majeur a été remporté en 1964 par l'équipe de football américain des Browns.
– 2 : le nombre de « triple-double » réussis par LeBron James durant la finale 2015 : 39 points, 16 rebonds et 11 passes lors du match match n° 2, 40 points, 14 rebonds et 11 passes lors du match n° 5. La star des Cleveland Cavaliers fait partie d'un club très fermé, celui des joueurs ayant réussi au moins deux « triples » lors d'une même finale : il a pour compagnons Magic Johnson, Larry Bird et Wilt Chamberlain.
– 21,7 : le taux de réussite anormalement bas de Stephen Curry lors du match n° 2 perdu par Golden State. Le meilleur joueur de la saison n'a marqué que cinq paniers sur 23 tentés. Pire, il a bu la tasse à trois points avec deux paniers réussis sur 15 tentés, un record d'inefficacité dans l'histoire de la finale NBA.
– 123 : le total de points inscrits par LeBron James lors des trois premiers matches de la finale. Jamais dans l'histoire de la NBA un joueur n'avait marqué autant et frappé aussi fort d'entrée : « King James » a marqué les esprits dès le match n° 1 avec ses 44 points, suivis de 39 et 40 points lors des deux matches suivants. Avec ses 20 points lors du match n° 4, sa moyenne et son moral en ont pris un coup. Il s'est repris dans le match n° 5 avec 40 points, mais n'a rien pu faire dans le match n° 6 pour empêcher le sacre des Warriors.
– « Delly » rate le bus, pas sa finale : après le match n° 1 perdu à Oakland, Matthew Dellavedova a dû rentrer par ses propres moyens. L'Australien a manqué le bus qui ramenait son équipe à l'hôtel. La mésaventure ne lui est plus arrivée ensuite, car Cleveland ne pouvait plus se passer de lui : la doublure de Kyrie Irving au poste de meneur a fait souffrir Stephen Curry lors des matches n° 2 et n° 3 remportés par les Cavaliers. Marqué de près par « Delly », le MVP de la saison n'a ainsi marqué « que » 19 et 27 points. « Il se jette sur tous les ballons, la tête en avant s'il le faut, il donne tout ce qu'il a », avait apprécié LeBron James.
– Les Warriors passent par la case prison : en pleine finale NBA, les dirigeants de Golden State, emmenés par Bob Myers, ancien bon joueur universitaire et actuel manageur général des Warriors, ont passé quelques heures en prison... Pour la bonne cause, ils ont affronté l'équipe de basket de l'établissement pénitentiaire de San Quentin, les San Quentin Warriors.
– LeBron James se met à nu : c'est l'image du match n° 4, et peut-être même de cette finale 2015, qui a mis les réseaux sociaux en ébullition. Pendant un temps mort, « King James » remet de l'ordre dans sa tenue et laisse entrevoir, involontairement, son pénis devant les caméras de télévision.


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