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Moyen Orient et Monde - Justice

Peine de mort confirmée pour Morsi

L'ex-président a en outre été reconnu coupable d'espionnage au profit du Hamas et du Hezbollah

La justice égyptienne a confirmé hier la peine de mort infligée à l’ex-président Mohammad Morsi. Khaled Desouki/AFP

La justice égyptienne a confirmé hier la peine de mort infligée à l'ex-président Mohammad Morsi dans un procès pour violences et évasion de prison durant la révolte de 2011.
Issu des Frères musulmans et destitué par l'armée en juillet 2013, M. Morsi était jugé par un tribunal criminel du Caire pour son rôle dans des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir. Au total, près d'une centaine de personnes, dont le guide suprême de la confrérie islamiste, Mohammad Badie, l'ex-président du Parlement Saad al-Katatni et le célèbre prédicateur islamiste Youssef al-Qaradaoui, jugé par contumace car installé au Qatar, ont été condamnés à mort. Dans un procès pour espionnage devant le même tribunal, M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte, a été condamné à la prison à vie, soit 25 ans de réclusion.
À l'annonce des verdicts, l'ex-président, calme et souriant, a levé ses deux poings joints pour exprimer sa détermination. Ces verdicts sont susceptibles d'appel. Mais ils représentent un nouveau clou dans le cercueil de l'opposition islamiste, cible d'une répression sanglante depuis l'éviction de M. Morsi par l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, qui n'a jamais caché sa volonté d'éliminer les Frères musulmans, classés « organisation terroriste » par les autorités.
M. Morsi était jugé aux côtés de 128 coaccusés, dont des membres des Frères musulmans, du Hamas palestinien et du Hezbollah. Vingt et un ont été condamnés à la prison à vie. Dans le procès pour espionnage, l'ex-président et ses 34 coaccusés ont été reconnus coupables d'avoir fourni « des rapports de sécurité » à l'Iran et d'espionnage au profit du Hamas et du Hezbollah « en vue de mener des attaques terroristes dans le pays pour y semer le chaos et renverser le pouvoir ».

« Verdicts grotesques »
Dans cette affaire, le tribunal a également confirmé les peines de mort prononcées le 16 mai contre 16 personnes, dont deux hauts dirigeants des Frères musulmans : le richissime homme d'affaires Khairat al-Chater et Mohammad al-Beltagui. Seize autres, dont MM. Badie et Katatni, ont écopé de la prison à vie. « Nous allons faire appel du verdict », a annoncé Abdel Moneim Abdel Maqsoud, un avocat de la défense qui a cependant précisé que pour le cas de M. Morsi, il fallait obtenir son accord.
En réaction, la confrérie a dénoncé « des verdicts grotesques », appelant à manifester vendredi « contre les peines de mort, les arrestations, les disparitions forcées ».
À l'étranger, ces jugements ont suscité la « profonde préoccupation » de la Maison-Blanche, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini y voyant « un développement inquiétant », tandis que le président islamo-conservateur de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, dénonçait un « massacre contre les droits fondamentaux et les libertés ». Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a dit craindre que ces sentences « aient un impact négatif sur les perspectives de stabilité à long terme de l'Égypte » et appelé à des « procès équitables ». Pour Amnesty International, il s'agit d'« une parodie de justice » qui démontre « à quel point le système judiciaire est horriblement défaillant » en Égypte.

(Source : AFP)

La justice égyptienne a confirmé hier la peine de mort infligée à l'ex-président Mohammad Morsi dans un procès pour violences et évasion de prison durant la révolte de 2011.Issu des Frères musulmans et destitué par l'armée en juillet 2013, M. Morsi était jugé par un tribunal criminel du Caire pour son rôle dans des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant...
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