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Économie - Politique Monétaire

La justice européenne avalise les rachats de dettes de la BCE

La Cour de justice de l'Union européenne a validé le programme de rachat de dettes par la Banque centrale européenne. Créé en 2012, ce programme n'a jamais été encore utilisé, mais a été déjà contesté par les eurosceptiques allemands.

La BCE est passée entre-temps à la vitesse supérieure en lançant en mars un autre programme de rachat de titres de dette baptisé « QE ». Archives AFP

La justice européenne a conforté hier la BCE dans son action, en avalisant un programme de rachat de dette contesté par des eurosceptiques allemands, ce qui pourrait décourager de nouvelles plaintes contre la politique monétaire très généreuse de l'institution.
Annoncé en 2012, le programme baptisé Outright Monetary Transactions (OMT) était destiné à éviter une envolée des taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro en faisant racheter à la BCE des titres sur le marché. La démarche, jamais mise en œuvre, « n'excède pas les attributions de la BCE relatives à la politique monétaire et ne viole pas l'interdiction du financement monétaire des États membres », a tranché la Cour européenne de justice.
Plusieurs Allemands avaient contesté devant la Cour constitutionnelle allemande ce programme de rachat d'obligations souveraines, dont la seule annonce couplée à la promesse du président de la BCE, Mario Draghi, de « tout faire » pour empêcher une flambée insoutenable du coût de la dette de certains pays européens avait suffi à ramener le calme sur les marchés financiers.
En février 2014, la cour allemande, située à Karlsruhe (Ouest), avait penché pour le côté des plaignants, estimant que la BCE avec ce programme outrepassait probablement son mandat qui lui interdit de financer les États. Mais elle avait quand même requis l'avis de la justice européenne. Celle-ci est clairement allée dans le sens de la BCE, hier. « Le programme OMT relève de la politique monétaire » et n'est pas « assimilable à une mesure de politique économique », qui doit rester le fait des gouvernements, a souligné la cour.
Membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Yves Mersch s'est dit « assez satisfait » de la décision de la CEJ. « Non seulement la cour a confirmé que la BCE avait agi avec prudence et dans le cadre de son mandat, mais elle a aussi noté qu'à la fois l'objectif et la conception du programme rentraient clairement dans le cadre du traité » européen, a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

Vent favorable pour le QE
Économiste chez ING, Carsten Brzeski a jugé que cette décision, « même si elle était largement attendue », apportait « un soulagement à la BCE et aux marchés financiers ». Ceux-ci sont très volatils du fait des incertitudes liées au sort de la Grèce. « La Cour européenne de justice ne met aucune limite à la BCE pour acheter des titres de dette », relevait Bert Van Roosebeke, du Centre de politique européenne de Fribourg (sud de l'Allemagne).
Pour Johannes Mayrn de chez BayernLB, cela représente même « un vent favorable pour le programme QE ». Car la BCE est passée entre-temps à la vitesse supérieure. Elle a lancé en mars un autre programme de rachat de titres de dette baptisé « QE ». Destiné à redresser les prix en zone euro, ce programme, qui prévoit le rachat de titres de dette pour 60 milliards d'euros par mois jusqu'à septembre 2016, a aussi été cible de critiques en Allemagne. « Le jugement d'aujourd'hui devrait clairement décourager de nouveaux procès contre le QE, même si pas complètement », considère M. Brzeski.
Trois industriels allemands comptent eux ne pas lâcher. « La plainte constitutionnelle a été envoyée au tribunal le 7 mai et nous n'allons pas la retirer », a affirmé Christoph Degenhart, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Leipzig, chargé de rédiger cette requête contre le QE.
Les regards sont donc de nouveau tournés vers la Cour de Karlsruhe, qui, avant de donner éventuellement suite à cette nouvelle plainte, doit d'abord rendre son verdict définitif concernant l'OMT. La cour européenne étant allée à l'encontre du premier avis de la cour allemande, Marcel Fratzscher, économiste à l'institut berlinois DIW, craint « un conflit sérieux » entre les juges des deux cours, avec un risque d'escalade. « Même si, en théorie, la cour allemande pourrait encore avoir un verdict différent (de la cour européenne), c'est difficile à imaginer dans la réalité », anticipe Carsten Brzeski.
(Source : AFP)

La justice européenne a conforté hier la BCE dans son action, en avalisant un programme de rachat de dette contesté par des eurosceptiques allemands, ce qui pourrait décourager de nouvelles plaintes contre la politique monétaire très généreuse de l'institution.Annoncé en 2012, le programme baptisé Outright Monetary Transactions (OMT) était destiné à éviter une envolée des taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro en faisant racheter à la BCE des titres sur le marché. La démarche, jamais mise en œuvre, « n'excède pas les attributions de la BCE relatives à la politique monétaire et ne viole pas l'interdiction du financement monétaire des États membres », a tranché la Cour européenne de justice.Plusieurs Allemands avaient contesté devant la Cour constitutionnelle allemande ce programme de rachat...
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