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Lifestyle - Dans La Peau D’Une Femme

Hoda Hamaouié Kara

Derrière le voile qu'elle porte depuis dix ans à la suite d'un pèlerinage douloureux à La Mecque, Hoda Hamaouié Kara reste une femme de lumière. Ses yeux irradient une flamme que ni la misère du monde qu'elle côtoie depuis des années ni les épreuves d'une vie riche en événements ne parviennent à affaiblir. Directrice de l'association Dar el-Amal depuis 16 ans, Hoda avait commencé à travailler dans le domaine social bien avant, d'abord dans le cadre de l'ONG suisse « Terre des hommes » (où elle est restée 15 ans).
Fondée en 1970 par Mozart Chahine, qui est encore aujourd'hui un des douze membres de son conseil d'administration, Dar el-Amal est désormais présidée par Habib Hatem, qui a lui-même succédé à Joseph Donato.
L'idée de cette ONG était très audacieuse en son temps. Il s'agissait de s'occuper des filles mineures ou adultes en situation d'exploitation sexuelle et de prostitution. L'activité s'est ensuite étendue aux enfants fragilisés et à risques. Des centres ont été ouverts à Nabaa et à l'entrée du camp de Sabra, au cœur des régions misérables, dans le but d'aider les enfants fragilisés à avoir confiance en eux-mêmes et à prendre conscience de leurs droits.
Dar el-Amal veut aussi donner aux femmes en difficulté une chance de changer de vie, de retrouver leur dignité et de se reconstruire. C'est ainsi que l'ONG a songé à élargir son action aux prisons pour femmes, à Baabda, Zahlé et Tripoli. Le projet de réhabilitation et de réinsertion sociale des détenues a donc pris forme. Hoda Kara raconte que lorsque, avec d'autres membres de Dar el-Amal, elle s'était rendue à la prison des femmes à Baabda pour la première fois, celle-ci ressemblait à un taudis. Avec l'aide de l'association al-Walid ben Talal, l'ONG a réussi à la rénover, allant même jusqu'à construire un nouvel étage.
Au fur et à mesure du développement de ses activités, Dar el-Amal a acquis un terrain à Choueifate où un centre d'accueil pour les mineures sujettes à l'exploitation sexuelle a été édifié, avec une aile séparée pour les prostituées adultes qui souhaitent tourner la page. Hoda Kara a presque accompagné toutes les étapes du développement de l'association, d'abord sur le terrain en tant qu'assistante sociale, puis en tant que coordinatrice, enfin en tant que directrice. Si ses responsabilités n'ont pas cessé de grandir, elle garde un faible pour le terrain, le contact direct avec les femmes et les enfants dont la souffrance reste incommensurable. Jamais dans le jugement, la condamnation, ni même la révolte, elle est simplement dans l'action, sereine et déterminée, peu soucieuse de toucher à des tabous. Elle avoue toutefois que face à toute cette noirceur, elle est parfois découragée. « Mais il suffit que l'une de nos pensionnaires s'en sorte pour que je retrouve mon enthousiasme. » Elle ajoute : « Dans ces problématiques tellement difficiles, il n'y a pas de juste milieu. Il faut se dévouer entièrement... ou faire autre chose. »
Sa vie personnelle a un peu souffert de son investissement total dans son travail et, depuis des années, ses proches lui conseillent de lever le pied. Elle y pense, mais hésite encore, estimant qu'elle a encore à donner, face à une misère qui ne cesse d'augmenter. « Nous sommes une petite fenêtre, dit-elle, dans un monde noir. Mais il ne faut pas la fermer. Ce n'est pas le travail d'une personne, mais celui d'une collectivité. »
Hoda Kara est ainsi convaincue de l'importance du travail d'équipe et elle ne tarit pas d'éloges sur les siennes qui vont sur le terrain pour dénicher les enfants et les femmes au bord du gouffre. « Notre travail est de leur apprendre à vivre en paix avec eux-mêmes et avec le monde alors qu'en général, leurs familles sont disloquées, violentes et pleines de rancœur. » Ce n'est pas évident, mais ce n'est pas non plus impossible. Elle y croit, comme elle croit en Dieu, elle l'ancienne élève du lycée qui a longtemps vécu dans la laïcité, avant de se rendre en pèlerinage à La Mecque où elle a, dit-elle, découvert « la vérité de l'humanité : grands, puissants, humbles et malades, tous sont logés à la même enseigne, égaux devant Dieu ». Elle a donc décidé de mettre le voile, mais ne voulant pas que l'image de Dar el-Amal en pâtisse, elle en a parlé avec le conseil d'administration qui a décidé à l'unanimité de la maintenir à son poste. Car l'amour et le don de soi ne se résument pas au port ou non d'un voile...

Derrière le voile qu'elle porte depuis dix ans à la suite d'un pèlerinage douloureux à La Mecque, Hoda Hamaouié Kara reste une femme de lumière. Ses yeux irradient une flamme que ni la misère du monde qu'elle côtoie depuis des années ni les épreuves d'une vie riche en événements ne parviennent à affaiblir. Directrice de l'association Dar el-Amal depuis 16 ans, Hoda avait commencé à travailler dans le domaine social bien avant, d'abord dans le cadre de l'ONG suisse « Terre des hommes » (où elle est restée 15 ans).Fondée en 1970 par Mozart Chahine, qui est encore aujourd'hui un des douze membres de son conseil d'administration, Dar el-Amal est désormais présidée par Habib Hatem, qui a lui-même succédé à Joseph Donato.L'idée de cette ONG était très audacieuse en son temps. Il s'agissait de s'occuper des...
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