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Moyen Orient et Monde - Affaire Orange

Paris tente de calmer l’orage avec Tel-Aviv

La France rejette tout « boycott d'Israël », assure Laurent Fabius ; une décision « purement commerciale » qui n'a rien à voir avec la politique, affirme Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur de téléphonie.

Des Israéliens achètent du matériel dans un magasin de l’opérateur français Orange à Jérusalem. Thomas Coex/AFP

La France a tenté hier d'atténuer la colère des autorités israéliennes après l'annonce d'un désengagement de l'État hébreu par l'opérateur de téléphonie français Orange, en se prononçant contre un boycott de ce pays, tout en rappelant son opposition aux colonisations. « S'il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d'Israël », a souligné ainsi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un très bref communiqué. Cette déclaration a été immédiatement saluée par la ministre adjointe israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely.
L'orage entre les deux pays est né d'une déclaration, mercredi, du PDG d'Orange, Stéphane Richard. En visite au Caire, le patron de l'opérateur – détenu à 25 % par l'État français – s'était dit prêt à « abandonner demain matin » ses liens avec l'opérateur israélien Partner, qui utilise le nom et l'image d'Orange en Israël contre une redevance. « Notre intention est de nous retirer d'Israël, avait affirmé M. Richard. Cela va prendre du temps, (mais) nous allons certainement le faire. » Furieux, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a appelé jeudi le gouvernement français « à publiquement rejeter les déclarations et les agissements malheureux d'une compagnie dont il est en partie le propriétaire. On ne pardonnera pas ce drame absurde », a-t-il promis.
En Israël, la polémique a vite pris de l'ampleur, faisant la une des médias. « La face noire d'Orange », a ainsi titré le Yediot Aharonot, grand quotidien populaire et soutien indéfectible de M. Netanyahu. Car, même s'ils n'en faisaient pas état, les propos de M. Richard ont été interprétés en Israël comme la volonté d'Orange de se dissocier des activités de son partenaire dans les colonies en Cisjordanie et Jérusalem-Est. Ils sont tombés dans un contexte sensible : Israël est en butte à une intensification de la campagne mondiale non gouvernementale de boycott (BDS) destinée à augmenter la pression économique et politique pour mettre fin à l'occupation des territoires palestiniens.

Nous aimons Israël
Face au tollé, M. Richard a assuré hier au même Yediot Aharonot que sa décision de retirer sa marque de ce pays était « purement commerciale. Ceci n'a rien à voir avec Israël, nous aimons Israël », a-t-il insisté, ajoutant qu'il n'était « pas au courant qu'il existait une espèce de campagne internationale sur le sujet ». Visiblement peu convaincu, le patron de Partner, Isaac Benbenisti, s'est dit sceptique sur ces déclarations. « Je suppose que ce que (Stéphane Richard) a dit résulte des fortes pressions auxquelles il est soumis. Je sais que les représentants propalestiniens exercent une grande pression », a-t-il dit.
Les syndicats d'Orange se sont, eux, dit solidaires de leur PDG. Et le directeur général adjoint de la compagnie de téléphonie, Pierre Louette, s'est lui aussi efforcé de calmer le jeu : « C'est un incident, ce n'est pas une crise diplomatique. Il faut revenir au réel », a-t-il déclaré.
La question des colonies constitue aux yeux de la communauté internationale un obstacle majeur à la recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Elle considère comme illégaux ces blocs construits et habités par des Israéliens dans les territoires occupés ou annexés par Israël depuis 1967, à commencer par la Cisjordanie et Jérusalem-Est. La France et l'Union européenne ont « une position constante et connue de tous sur la colonisation », a rappelé hier Laurent Fabius. Son ministère la condamne régulièrement.
(Source : AFP)

La France a tenté hier d'atténuer la colère des autorités israéliennes après l'annonce d'un désengagement de l'État hébreu par l'opérateur de téléphonie français Orange, en se prononçant contre un boycott de ce pays, tout en rappelant son opposition aux colonisations. « S'il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d'Israël », a souligné ainsi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un très bref communiqué. Cette déclaration a été immédiatement saluée par la ministre adjointe israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely.L'orage entre les deux pays est né d'une déclaration, mercredi, du PDG d'Orange, Stéphane Richard. En visite au Caire, le patron de l'opérateur – détenu à...
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