Tsonga a beau implorer le ciel, personne ne pouvait lui venir en aide. Le Français s’est tiré tout seul une balle dans le pied en laissant passer sa chance de breaker son adversaire à plusieurs reprises dans le troisième set. Wawrinka s’en tirait à chaque fois de peu, et a même fini par remporter la manche au jeu décisif, ce qui a complètement anéanti Tsonga. Kenzo Tribouillard/AFP
Tsonga n'a pas réussi à imiter Henri Leconte, qui reste le dernier Français finaliste à Paris depuis 1988. La France devra encore patienter avant de trouver un successeur à Yannick Noah, son dernier vainqueur à Roland-Garros et en grand chelem, en 1983. Le n°15 mondial n'a pas fait mieux qu'en 2013, quand il s'était arrêté en demie à Paris face à l'Espagnol David Ferrer (6-1, 7-6 (7/3), 6-2). Mais au moins, cette fois-ci, n'est-il pas passé à côté du rendez-vous. Finaliste à l'Open d'Australie 2008, Tsonga a connu sa cinquième défaite en demi-finale d'un tournoi du grand chelem, contre un Stan Wawrinka (n° 9) au jeu plus complet et mieux adapté à la terre battue que le sien. Le Français, qui avait surpris en se hissant en demie alors qu'il n'avait repris qu'en mars après une absence de quatre mois pour soigner une blessure au bras droit, n'a encore jamais joué de finale sur ocre.
Wawrinka, vainqueur de l'Open d'Australie en 2014, avait un peu plus d'outils à sa disposition, et a gagné le droit de disputer sa deuxième finale en grand chelem. Le Suisse, qui a désormais gagné neuf de ses dix matches joués face à des Français en grand chelem, s'est surtout montré plus réaliste que Tsonga, qui a manqué trop d'occasions (1 balle de break convertie sur 17). Auteur d'un départ canon, Wawrinka aurait même peut-être pu abréger la rencontre s'il n'avait pas connu une baisse de réussite vertigineuse au service dans les deuxième et troisième sets.
Dans un central aux loges d'abord très dégarnies, Tsonga a été le premier à se mettre en branle en se procurant trois balles de break dès le premier jeu. Mais Wawrinka a tenu le coup.
Revers martelé
La machine suisse n'a pas tardé à se chauffer. Le Vaudois a commencé à marteler consciencieusement le revers de Tsonga, qui a fini par craquer sur son service dans le quatrième jeu, après avoir pourtant mené 40-0.
En difficulté derrière sa seconde balle (29 % de points marqués dans ce set) et en retour, Tsonga a subi tout au long du premier set. Wawrinka a encore appuyé un peu plus sur l'accélérateur, en breakant d'entrée de deuxième set. Mais alors qu'il semblait avoir le match sous contrôle (4-2), le Suisse a connu une soudaine baisse de régime au service (31 % de premières balles dans ce set), qui a complètement relancé son adversaire. Tsonga a égalisé à 4-4, puis a dû s'accrocher pour sauver cinq balles de break à 5-5, grâce à autant de bons services. Complètement lâché par son service, Wawrinka a traversé comme un fantôme le jeu décisif.
Souffrant de la chaleur, le Suisse a bataillé pour écarter quatre balles de break sur ses deux premiers jeux de service dans le troisième set, avant de faire appel au docteur pour soigner une ampoule à la main droite. Toujours sur le fil du rasoir au service (49 % de premières balles), Wawrinka a profité de l'incapacité de Tsonga à conclure sur ses balles de break (0 sur 6 dans ce set). Dans le jeu décisif, le Suisse a repris le dessus à l'aide de son revers. Il a ensuite pris le service du Français dès le début du quatrième set, puis a encore défendu avec succès cinq balles de break pour l'emporter. L'autre demi-finale opposant le n° 1 mondial et grand favori de ces Internationaux de France, le Serbe Novak Djokovic, à l'Écossais Andy Murray (n° 3) a été interrompue en prévision d'un orage (et de la nuit déjà avancée), alors que Djokovic, vainqueur des deux premières manches, s'apprêtait à servir dans le quatrième set (6-3, 6-3, 5-7, 3-3).
(Source : AFP)
Serena Williams proche d'un 20e titre en grand chelem
La n° 1 mondiale Serena Williams a tout en main pour s'offrir un troisième sacre à Roland-Garros, aujourd'hui en finale contre la Tchèque Lucie Safarova, si la grippe qui a failli l'emporter en demi-finale l'épargne un peu.
Cette édition 2015 a été un long fleuve tumultueux pour Williams, déjà sacrée deux fois à Roland-Garros (2002, 2013). Elle était arrivée à Paris sans trop de repères, après avoir dû déclarer forfait en huitièmes de finale à Rome. Après un premier tour paisible, elle a été sérieusement bousculée. Au cours de ses trois matches suivants, contre l'Allemande Anna-Lena Friedsam (n° 105), la Bélarusse Victoria Azarenka (n° 27) et l'Américaine Sloane Stephens (n° 40), elle a perdu le premier set avant de renverser la situation. À peine a-t-elle eu le temps de respirer avec un quart vite emballé face à l'Italienne Sara Errani (n° 17) que les ennuis ont repointé le bout du nez. La grippe qui menaçait depuis quelques jours l'a assaillie jeudi, jour de sa demi-finale contre la Suissesse Timea Bacsinszky (n° 24). Sans force, Williams a vécu un calvaire sur le court. « Je ne me suis jamais sentie si malade », a-t-elle ensuite confié. « Je n'ai jamais pensé que je pouvais gagner et je ne voulais pas aller dans un troisième set. »
Presque malgré elle donc, et animée par le seul instinct de survie, l'Américaine a finalement arraché ce match (6-0 au troisième set). Ce qui en dit long à la fois sur sa force de caractère et sur la marge dont elle dispose vis-à-vis de ses concurrentes. Si elle s'est suffisamment requinquée, il est difficilement concevable de voir l'Américaine perdre en finale après un parcours aussi cahoteux. Surtout contre une adversaire qui ne l'a jamais battue en huit confrontations et ne lui a pris que trois sets.
Graf, Seles et Court dans le viseur
Des finales du grand chelem, d'ailleurs, Serena n'a pas vraiment l'habitude d'en perdre. Elle en a déjà disputé 23 et gagné 19. Son dernier échec dans un match de ce type remonte à l'US Open 2011. Depuis, elle a gagné les six qu'elle a jouées.
Un sacre aujourd'hui lui permettrait d'enlever son vingtième titre du grand chelem, à deux unités seulement du record de l'Allemande Steffi Graf (22) pour l'ère Open (depuis 1968).
Après sa victoire à l'Open d'Australie fin janvier, elle pourrait même viser le grand chelem, le « vrai », sur l'année calendaire, que seules sa compatriote Maureen Connolly (1953), l'Australienne Margaret Smith Court (1970) et Graf (1988) ont réalisé.
Williams a déjà gagné les quatre tournois majeurs à la suite, mais sur deux années en 2002 et 2003. L'Américaine Jennifer Capriati est la dernière joueuse à avoir fait le doublé Open d'Australie/Roland-Garros, en 2001.
Cet enchaînement n'a été réussi que par trois autres joueuses (Court, Graf, et Monica Seles) dans l'ère Open, ce qui montre à quel point un tel exploit serait remarquable pour une Williams diminuée.
(Source : AFP)


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