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Moyen Orient et Monde - Irak

Daech mène une « sale guerre de l’eau »

Plus de « 10 000 militants de l'EI » ont été tués depuis le début des raids aériens de la coalition internationale.

Des miliciens favorables au gouvernement irakien évacuaient des habitants du village de Sayed Ghareeb, le 2 juin. Mohammad Sawaf/AFP

Le groupe État islamique (EI) a engagé une « guerre de l'eau » en Irak en fermant les vannes d'un barrage à Ramadi, ce qui va rendre encore plus complexe l'opération de reconquête de cette ville lancée par les forces irakiennes.
Ainsi, l'EI garde l'initiative, comme l'a prouvé sa décision de fermer les vannes d'un barrage situé à Ramadi qui régule le cours de l'Euphrate. La baisse du niveau du fleuve en aval provoque des coupures dans l'approvisionnement de Khaldiyah et Habbaniyah, deux zones encore sous contrôle gouvernemental à al-Anbar, selon des responsables locaux. Cela permettrait aussi aux jihadistes de traverser plus facilement pour étendre leur emprise.
« Daech (acronyme arabe de l'EI) mène désormais une sale guerre de l'eau », a dénoncé Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'al-Anbar. « Il espère déstabiliser Khaldiyah et Habbaniya (...) Fermer l'eau est le pire crime qu'il puisse commettre. Cela va forcer les enfants, les femmes et les personnes âgées à fuir, ce qui lui permettra de lancer des attaques. »
L'EI a choisi cette stratégie car il « n'a probablement pas assez de combattants à nous opposer dans le cadre d'une guerre conventionnelle », souligne Arkan Khalaf al-Tarmuz, un autre élu provincial. « Il utilise donc l'eau comme une arme pour affaiblir les régions où se trouvent des bases militaires. »
Depuis qu'ils ont lancé leur offensive dans le nord de l'Irak il y a un an, les jihadistes accordent une grande importance au contrôle des barrages, qui leur permettent soit d'assoiffer des zones soit de les inonder, selon leurs intérêts militaires. « Dans les terres arides sur lesquelles combat l'EI, le contrôle de l'eau est l'arme ultime », a souligné hier l'institut Soufan Group.
Par ailleurs, l'un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées de l'EI a été complètement détruit par un raid aérien hier, en soirée, ont annoncé des responsables irakiens. Ce site, à l'entrée de la ville de Hawija (nord-est de Bagdad), servait au groupe ultraradical sunnite à piéger des véhicules, dont des Humvee blindés, selon ces responsables, qui n'ont pas précisé si le raid avait été mené par la coalition internationale.

Une longue campagne
D'autre part, plus de 10 000 militants du groupe État islamique ont été tués depuis le début des raids aériens de la coalition internationale contre les jihadistes en Irak et en Syrie il y a neuf mois, a indiqué hier le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken. « Nous avons vu des pertes énormes au niveau de Daech, plus de 10 000 depuis le commencement de cette campagne, et ça va finir par avoir un effet », a assuré M. Blinken sur Radio France Inter, sans préciser s'il parlait de l'Irak, de la Syrie, ou des deux pays.
Le secrétaire d'État adjoint américain était présent à Paris pour une réunion de la coalition internationale antijihadiste qui s'est tenue mardi. Interrogé sur la validité de la stratégie de la coalition, qui a mené plus de 4 000 raids en neuf mois mais n'a pas pu empêcher le groupe État islamique de progresser, M. Blinken a défendu des « progrès importants ». L'EI contrôle « 25 % de moins de l'Irak depuis neuf mois, beaucoup de matériel a été détruit par la coalition et beaucoup d'adhérents de Daech ont été éliminés », a-t-il dit, tout en reconnaissant « la résilience » de l'organisation jihadiste.
D'autre part, un haut responsable américain a averti hier qu'il faudrait « probablement une génération ou plus » pour vaincre la « menace mondiale » que représente l'EI. « Ce sera une longue campagne », a ajouté depuis Doha le général John Allen, l'émissaire américain pour la coalition dirigée par les États-Unis.
De son côté, l'ambassadeur irakien à Paris Fareed Yasseen s'est félicité sur la radio Europe 1 de prochaines livraisons d'armes de la coalition à l'Irak. « Les Américains nous ont promis et vont délivrer incessamment des missiles qui vont faire la différence contre ces gros blindés bourrés d'explosifs (..) qui ont fait qu'on a perdu la ville de Ramadi », la capitale d'al-Anbar, tombée le 17 mai aux mains des jihadistes, qui utilisent des « camions-bombes ».

(Source : AFP)

Le groupe État islamique (EI) a engagé une « guerre de l'eau » en Irak en fermant les vannes d'un barrage à Ramadi, ce qui va rendre encore plus complexe l'opération de reconquête de cette ville lancée par les forces irakiennes.Ainsi, l'EI garde l'initiative, comme l'a prouvé sa décision de fermer les vannes d'un barrage situé à Ramadi qui régule le cours de l'Euphrate. La baisse du niveau du fleuve en aval provoque des coupures dans l'approvisionnement de Khaldiyah et Habbaniyah, deux zones encore sous contrôle gouvernemental à al-Anbar, selon des responsables locaux. Cela permettrait aussi aux jihadistes de traverser plus facilement pour étendre leur emprise.« Daech (acronyme arabe de l'EI) mène désormais une sale guerre de l'eau », a dénoncé Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'al-Anbar. « Il...
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