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Moyen Orient et Monde

« Une guerre comme celle de la Syrie est ingagnable »

Conflit

Le président du Parlement syrien remercie Téhéran pour son « rôle efficace contre les ennemis » du régime Assad.

OLJ
02/06/2015

Les jihadistes du groupe État islamique (EI) ont élargi leur « califat » autoproclamé en repoussant les forces gouvernementales dans le centre de la Syrie et en avançant au détriment des rebelles dans le nord, fragmentant encore davantage le pays.
L'EI a en particulier étendu son contrôle près de la frontière turque, dans la province d'Alep dans le nord. Il y a occupé le village de Suran, dimanche, à l'issue de trois jours de combats ayant fait 45 morts parmi les rebelles et 30 dans les rangs des jihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les jihadistes se trouvent à une dizaine de kilomètres de la frontière turque et s'approchent de la ville de Marea, située sur une route menant à la Turquie et cruciale pour le ravitaillement des rebelles. Dans le centre de la Syrie, l'EI avait occupé la veille un important point de contrôle situé sur un carrefour stratégique au sud de la cité antique de Palmyre, tombée aux mains des jihadistes le 21 mai. Le barrage et le village proche de Basireh sont situés sur les routes menant à Damas au sud, à Homs à l'ouest et en Irak à l'est. Dans le nord-est, les jihadistes ne sont plus qu'à deux kilomètres de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme.

11e pays arabe par sa superficie
Selon l'OSDH, l'EI contrôle actuellement au moins la moitié du territoire syrien, avec des bastions dans la province septentrionale de Raqqa et le désert oriental. Selon le géographe français spécialiste de la Syrie, Fabrice Ballanche, « entre l'Irak et la Syrie, le groupe s'est emparé de près de 300 000 km2 de territoire », ce qui correspondrait au « 11e pays arabe par sa superficie, derrière Oman, sur les 22 que compte la Ligue arabe ».
Une alliance militaire dirigée par le Front al-Nosra, branche locale d'el-Qaëda, domine par ailleurs la province d'Idleb, dans le nord-ouest, après une série de victoires ces dernières semaines. L'« Armée de la conquête » peut ainsi se targuer d'avoir chassé le régime de la ville d'Ariha et du camp militaire d'al-Mastouma. D'autres groupes rebelles disposent de zones de contrôle dans le sud du pays. Le pouvoir, quant à lui, « veut contrôler le littoral, les deux villes du centre du pays, Hama et Homs, et la capitale Damas », selon un homme politique syrien proche du régime.
Le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane fait état de « pertes humaines » importantes du côté du régime, qui « en raison d'un manque énorme d'enrôlements » a dû se retirer de certaines positions stratégiques. « Les forces armées et milices progouvernementales ne souhaitent pas se battre dans des zones où la population civile ne combat pas elle aussi », explique-t-il. De fait, les soldats souhaitent mener la bataille dans des régions à majorité alaouite (minorité religieuse dont est issu le président Assad) plutôt que dans les zones à majorité sunnite.
Ces clivages à travers le territoire de la Syrie rendent « quasiment impossible d'envisager un État stable et viable dominé par l'une de ces trois principales forces qui se disputent le pouvoir en Syrie », souligne l'expert Aron Lund qui dirige le site Syria Crisis. Même le « pseudo-califat (de l'EI), n'a réussi que par l'échec de ses adversaires », relève M. Lund, pour qui « une guerre comme celle de la Syrie est ingagnable ».
Dans ce contexte, l'OSDH a indiqué hier que le mois de mai, au cours duquel plusieurs batailles importantes ont eu lieu, a été le plus meurtrier en Syrie depuis le début de l'année avec 6 657 tués, la majorité d'entre eux étant des soldats du régime et des jihadistes. Depuis le début de l'année, 22 846 personnes ont été tuées dans les combats dans toute la Syrie, selon l'ONG.
Par ailleurs, le président du Parlement syrien, Jihad al-Lahham, a salué hier à Téhéran le « rôle efficace » des alliés de Damas, notamment l'Iran, contre l'opposition armée et les sanctions internationales qui visent le régime de Bachar el-Assad. « Les positions honorables (de l'Iran) et de nos amis à Moscou et des Brics (acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont joué un rôle efficace pour aider le peuple syrien dans son combat contre le terrorisme et les sanctions économiques honteuses imposées par des pays connus, arabes et internationaux », a affirmé M. Lahham, cité par l'agence officielle Irna. « Les liens entre la Syrie et l'Iran ont été et resteront un facteur de stabilité dans la région et forment un rempart pour le peuple contre une vague de terroristes tueurs », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse avec son homologue iranien, Ali Larijani. Il a salué les « nombreux amis (de la Syrie), au premier rang desquels le pays frère iranien », dans la lutte contre la rébellion armée.
(Source : AFP)

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