Le PSG de Zlatan Ibrahimovic a survolé la Ligue 1, cette saison. Franck Fife/AFP
Allemagne : le Bayern Munich fatigue... ses fans aussi
Ce n'est pas encore cette année que le Bayern de Pep Guardiola fera oublier l'ère Jupp Heycknes. Éliminés de la Coupe d'Allemagne par un Borrussia Dortmund moribond, giflés par le FC Barcelone en Ligue des champions, les Munichois ont simplement assuré le minimum syndical en remportant la Bundesliga pour la troisième fois d'affilée. Malgré quelques cartons mémorables (8-0 contre Hambourg en championnat), le Bayern a souvent donné l'impression de développer un jeu contre-nature, multipliant les passes jusqu'à l'écœurement. Si le parcours du club a été plombé par les blessures de joueurs-clefs (Ribery, Robben, Badstuber...), l'obstination de Guardiola à vouloir imposer son système offensif au détriment de la physionomie d'une rencontre a également fait tiquer plus d'un observateur.
Angleterre : « Boring Chelsea wins ! »
Resté sur deux saisons blanches, José Mourinho avait promis de se refaire. Le « Happy one » devra finalement se contenter d'un titre de Premier League. Mais malgré un impressionnant total de trois défaites seulement en 38 matchs (ex aequo avec le Paris Saint-Germain et la Juventus), ce Chelsea-là n'a jamais réussi à franchement dominer une équipe de haut de tableau cette saison, préférant se retrancher derrière sa culture défensive pour prendre le meilleur sur ses adversaires. Suffisance, excès de calcul ou limite réelle du leader d'un championnat surcoté ? Les raisons qui expliquent le bilan mitigé du club londonien sont sans doutes liées à tous ces facteurs en même temps. En attendant, les équipes de José Mourinho ont remporté le troisième des cinq titres de Premier League qui composent le palmarès de Chelsea.
Espagne : victoire du Barça et de CR7
Luis Enrique n'a pas raté son arrivée sur le banc du FC Barcelone. Champions d'Espagne, vainqueurs de la Coupe du Roi, samedi, aux dépens de l'Athletic Bilbao (3-1), les Catalans se sont aussi qualifiés pour la finale de la Ligue des champions qu'ils disputeront à la Juventus de Turin. Si ce nouveau Barça ne dégage pas encore la toute-puissance de celui de Guardiola, ses joueurs ont progressivement trouvé leur rythme de croisière pour prendre le meilleur sur un Real Madrid à qui tout semblait promis en début de saison et qui finit Gros-Jean comme devant. Si le trio MSN (Messi/Suarez/Neymar) a fait des étincelles (102 buts toutes compétitions confondues), le trophée du meilleur buteur de Liga revient une nouvelle fois au Madrilène Cristiano Ronaldo, avec 48 buts inscrits en 35 matchs. Voilà au moins un trophée que le prodige argentin (43 buts en 38 matchs) ne gagnera pas cette année.
France : le triomphe sans gloire du PSG
En battant Auxerre – 9e de Ligue 2 – en finale de la Coupe de France (1-0) ce week-end, le Paris Saint-Germain a réalisé le « triplé historique », version nationale. Les Parisiens ont en effet ajouté ce titre à une victoire en Coupe de la Ligue et un titre de champion qui doit autant aux contre-performances de ses principaux concurrents (Marseille et Monaco) qu'à la solidité défensive de la formation de la capitale. Avec 11 nuls en championnat et un quart de finale de Ligue des champions à jouer les pelotes de laine dans les pattes du fauve catalan, le PSG est le moins flamboyant des cinq champions des Ligues les plus médiatisées d'Europe. Pire, sur les 83 buts inscrits en Ligue 1 par l'attaque mise en place par Laurent Blanc, 14 ont été inscrits sur penalty, record d'Europe.
Italie : la Juve, cette imperturbable vieille dame
Rien n'a finalement troublé la tranquille ascension de la Juventus de Turin vers son quatrième titre de champion obtenu à la 34e journée de série A . À peine plus performante que le PSG au niveau des statistiques en championnat, la Juve s'est distinguée par son parcours en Ligue des champions, compétition qu'elle peut encore remporter en cas de victoire le 6 juin et après avoir sorti le Real Madrid, Monaco et Dortmund. Troisième meilleure défense d'Europe en championnat (24 buts encaissés) derrière le Bayern (18) et le Barça (21), la Juve a pu compter sur ses joueurs d'expérience (Evra, Lichteiner, Tevez...) pour tuer tout suspense dès la 27e journée, en profitant des lacunes de ses adversaires directs.

