Des combattants tribaux des Comités de la résistance populaire patrouillant dans la province de Marib. Abdullah Hassan/AFP
Des partisans du président yéménite en exil Abd Rabbo Mansour Hadi ont repris aux rebelles chiites houthis la ville de Dhaleh dans le sud, ont affirmé hier des sources militaires.
Alliés à des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, les miliciens houthis avaient pris en mars le contrôle de Dhaleh, dans leur offensive vers le sud, au prix de sanglants affrontements avec des tribus sunnites et des combattants pro-Hadi. Mais les forces gouvernementales ont lancé une contre-offensive et reconquis Dhaleh avec le soutien de la coalition arabe qui, sous commandement saoudien, mène depuis deux mois des raids aériens contre les positions de la rébellion au Yémen. « L'ensemble de la ville de Dhaleh est désormais sous le contrôle des Comités de la résistance populaire », a ainsi déclaré un chef local de ce collectif de groupes sudistes, Saleh al-Mansoub, des propos confirmés par d'autres sources militaires.
Entre-temps, la coalition a mené des raids aériens sur des positions au mont Sabr, dans la province de Taëz (Sud-Ouest) et dans celle de Hajja (Nord-Ouest), selon des témoins. Des raids ont aussi visé dans l'après-midi et en fin de journée des positions de la rébellion dans les provinces d'Amrane et de Saada (Nord), de Hodeida (Ouest) et de Aden (Sud), ont indiqué des témoins. À Aden, des combats opposaient rebelles et forces pro-Hadi, notamment dans la banlieue nord de cette grande ville portuaire, toujours selon les témoins.
Paix incertaine
L'Onu, qui a reporté des pourparlers de paix sur le Yémen prévus initialement demain à Genève, rendant plus incertain que jamais le retour de la paix au Yémen, s'inquiète de la situation humanitaire dans le pays où le conflit a fait près de 2 000 morts et forcé plus de 545 000 personnes à quitter leur foyer. L'organisation humanitaire Oxfam a prévenu hier qu'au moins 16 millions de personnes, soit les deux tiers de la population, étaient privées d'eau potable.
Sur le plan politique, le président Hadi a nommé hier un nouveau ministre de l'Intérieur, le général Abdo al-Houdhaifi, a rapporté l'agence de presse contrôlée par son gouvernement, sans donner de détails sur cette nomination. Comme pour répliquer à cette mesure, les rebelles chiites ont annoncé la nomination de gouverneurs à la tête de six provinces, dont Sanaa, Jawf (Nord-Est), Raymah (Nord-Ouest), Ibb et Baïda (Centre) et Marib, à l'est de la capitale, selon une décision de leur « Haute Commission révolutionnaire », citée par l'agence de presse contrôlée par les miliciens.
Dans ce contexte, l'ordre des journalistes a indiqué hier que deux journalistes yéménites, détenus par les rebelles houthis, avaient été tués la veille par un raid aérien contre une base militaire. Dans un communiqué, l'ordre dénonce les rebelles pour avoir détenu les deux journalistes sur une base militaire constamment visée par des raids et les a accusés de « meurtre avec préméditation ».
(Source : AFP)


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12 h 26, le 27 mai 2015