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Liban - Réactions

Appels indignés à une révision des prérogatives du tribunal militaire

Le général Achraf Rifi est revenu hier à la charge au sujet du verdict du tribunal militaire. Photo Ani

La tempête soulevée par le verdict du tribunal militaire contre l'ancien ministre Michel Samaha, reconnu coupable d'avoir transporté des explosifs pour perpétrer des attentats au Liban en 2012, est loin de s'être tassée.
L'indignation reste à son comble dans plusieurs milieux politiques, notamment au sein du 14 Mars. L'ancien Premier ministre Saad Hariri est revenu à la charge en commentant sur Twitter : « Samaha a tenté de déclencher une guerre civile : il a été condamné à quatre ans. Wissam (al-Hassan) a déjoué sa tentative et sauvé tous les Libanais de la guerre : il a été assassiné. Auprès de quel tribunal peut-on faire appel de ces verdicts ? »
Dans le même temps, le bloc parlementaire du Futur estimait que le jugement rendu mercredi par le tribunal militaire « encourageait l'assassinat et permettait de se dérober à la justice ».
Le bloc, qui a tenu hier une réunion extraordinaire consacrée à cette affaire, s'est révolté contre ce qu'il a appelé un jugement « atténué », le qualifiant de « honteux », d'autant plus qu'il a « confirmé les conclusions de l'enquête menée par le service des renseignements des FSI et par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire ».
Le député Hadi Hobeiche, qui a donné lecture du communiqué, a vivement critiqué le tribunal « qui a perdu la confiance des Libanais parce qu'il pratique une politique de deux poids, deux mesures, entre un terrorisme et un autre ». Outre l'affaire Samaha, il a cité en exemple celle du général à la retraite Fayez Karam et du tueur du pilote Samer Hanna. Le groupe parlementaire a dénoncé le fait que le tribunal ait fermé l'œil sur les preuves accablant, par l'image et le son, Michel Samaha. Le Futur faisait référence à la vidéo diffusée sur les médias locaux, montrant l'ancien ministre en pleine discussion avec l'informateur et témoin Milad Kfoury à propos d'un transfert d'explosifs de Syrie vers le Liban.

Sleiman : Une réforme complète
Bien qu'il ait exprimé des réserves sur le jugement de mercredi, qui permettra à Michel Samaha de sortir de prison dans sept mois, l'ancien président Michel Sleiman s'est prononcé pour le maintien du tribunal militaire qui est, comme on le sait, un tribunal d'exception. « Il ne faut absolument pas supprimer le tribunal militaire, indépendamment de l'affaire Michel Samaha, parce que l'armée est chargée de préserver la sécurité sur l'ensemble du territoire », a-t-il dit, au terme d'un entretien avec le ministre de la Défense, Samir Mokbel.
« Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, qui est un homme de confiance, peut se pourvoir en cassation devant la Cour de cassation militaire à qui appartient le mot de la fin », a ajouté l'ancien président
M. Sleiman a toutefois jugé nécessaire d'« infliger de lourdes sanctions aux responsables actuels ou anciens », estimant qu'ils « pervertissent leurs postes et leur pouvoir ». Selon lui, rien n'empêche un amendement des prérogatives du tribunal, « mais à travers un projet complet (de réforme) permettant de réaliser l'autonomie de l'autorité judiciaire ».
La ministre des Déplacés, Alice Chaptini, s'est elle aussi exprimée pour un amendement de la loi sur les tribunaux militaires, tout en insistant sur le fait que rien n'est encore perdu du moment que le jugement passe en cassation. « Il faut atténuer ce tapage pour ne pas influencer le magistrat », a-t-elle dit, en jugeant nécessaire la présence d'un président civil à la tête du tribunal militaire. « Sinon, il faut que tous les membres du tribunal soient du même grade », a-t-elle ajouté.
Le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a considéré à son tour que le tribunal devrait modifier son jugement « s'il veut récupérer sa crédibilité.
Nous ne voulons pas intervenir dans les affaires de la justice et nous ne souhaitons aucun mal à quiconque, même pas à un individu accusé et inculpé !
Mais les sentences ne peuvent pas être symboliques, de façon à encourager le terrorisme et à ternir l'image de la justice, surtout que les juges libanais sont réputés pour leur intégrité », a-t-il dit.
Le ministre de la Justice, Achraf Rifi, qui avait été le premier à crier son indignation mercredi, est revenu à la charge hier, en insistant sur le fait que « toute sentence qui ne correspond pas à l'ampleur du crime commis entraîne une tension au sein de la société et légalise la criminalité ». Il a appelé à un amendement de la loi sur les tribunaux militaires, partant du principe que seuls les militaires devraient être jugés dans ces instances d'exception pour des affaires liées à leur fonction seulement.
« Nous devons suivre l'exemple des pays civilisés et créer des tribunaux spécialisés », a-t-il dit, en accusant le régime de Bachar el-Assad d'avoir exercé des pressions pour obtenir la libération de Michel Samaha.

La tempête soulevée par le verdict du tribunal militaire contre l'ancien ministre Michel Samaha, reconnu coupable d'avoir transporté des explosifs pour perpétrer des attentats au Liban en 2012, est loin de s'être tassée.L'indignation reste à son comble dans plusieurs milieux politiques, notamment au sein du 14 Mars. L'ancien Premier ministre Saad Hariri est revenu à la charge en...
commentaires (2)

Quand on pense que se faire attraper avec un demi gramme de hashich au liban est condamnable a plusieurs annees de prison!!!!! Il vaut mieux transporter des explosifs,etre a la solde d'un pays qui nous ne veut que du mal,commanditer des actes terroristes. Que vive la justice libanaise qui donne un bieu piteux exemple a notre jeunesse...degoutant et honteux.

ayda ka

10 h 13, le 16 mai 2015

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Commentaires (2)

  • Quand on pense que se faire attraper avec un demi gramme de hashich au liban est condamnable a plusieurs annees de prison!!!!! Il vaut mieux transporter des explosifs,etre a la solde d'un pays qui nous ne veut que du mal,commanditer des actes terroristes. Que vive la justice libanaise qui donne un bieu piteux exemple a notre jeunesse...degoutant et honteux.

    ayda ka

    10 h 13, le 16 mai 2015

  • " l'armée est chargée de préserver la sécurité sur l'ensemble du territoire" Faux! Du moins dans un pays démocratique et hors loi martiale. Ce sont les forces, justement appelées "de Sécurité intérieure" qui en sont responsables. L'armée, elle, a pour fonction, la défense des frontières, ce à quoi ( par quelle aberration?)on ne lui donne pas l'ordre de veiller.

    Yves Prevost

    07 h 46, le 16 mai 2015

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