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Culture

Divin Mozart à l’imperceptible tristesse

Opéra

Ce soir, à l'hôtel al-Bustan, le Conservatoire national supérieur de musique, les Universités antonine et Notre-Dame de Louaizé, ainsi que des professionnels italiens, sous la direction de maestro Alberto Maniaci, présentent un « Cosi fan tutte » alliant drôlerie, grivoiserie, duos lyriques et battements de c(h)œurs.

15/05/2015

Avant d'être joué ce soir à l'auditorium Émile Boustani de l'hôtel al-Bustan, Cosi fan tutte a perpétré son branle-bas au théâtre de l'Université Notre-Dame de Louaizé. Un événement organisé conjointement par le Conservatoire national supérieur de musique, les Universités antonine et Notre-Dame de Louaizé, l'Institut culturel italien, avec la participation de l'Orchestre des jeunes de la Méditerranée (Palerme), sous la férule de père Toufic Maatouk et d'une brochette de chanteurs italo-libanais. Dans une mise en scène basique mais efficace, ainsi que des costumes modernes et farfelus, de Cristina Aceti.
Mozart sème donc sa musique festive, pour un spectacle qui met les femmes à l'épreuve de l'amour.
Oui, en effet, c'est ainsi qu'elles font toutes. Une autre traduction : toutes les mêmes. Sous le coup de tête d'un pari pour 100 sequins, deux officiers (ici dans le vestiaire d'un spa !) misent sur les vrais sentiments de leurs fiancées, deux sœurs brusquement dans les rets d'un incroyable marivaudage. Farce invraisemblable pour juger de la profondeur du désir, anecdote sous couvert de philosophie, utopie de la fidélité, voilà les éléments d'un imbroglio tiré par les cheveux. Un peu confit et déconfit, il est vrai, car le cœur et les sens ont bien fléchi. À part cette narration en deux actes un peu abrégés (deux bonnes heures quand même) du livret de Da Ponte. Reste surtout la musique du divin Mozart. Pétillante, vive, fluide, avec quelques nuages d'une imperceptible tristesse...
Pour ce divertissement, entre machination, travestissement, coup monté, ballet d'hésitation des personnages, dans une mise en scène simple mais dynamique d'Alesso Pizzech, la salle (à moitié vide hélas !) a bien réagi. Les chanteurs se sont répartis la tâche du bel canto entre tirades, parlando des récitatifs, aria, duo et trio, avec application et zèle. En plus d'un brin de fantaisie, plus gestuel que vocal, cette note farfelue et folle d'une comédie bouffonne qui frôle les grands abîmes...
On savoure l'excentricité et souvent le cabotinage des acteurs qui s'en donnent à cœur joie pour le grand contentement des spectateurs. Un moment agréable qui instaure en douceur et finesse – même si c'est avec l'appui des étrangers – la tradition de l'opéra au pays du Cèdre.

Fiche technique

Fiordiligi (Artemisa Repa), Dorabella (Cecilia Alegi, Gabrielle Godard), Despina (Mira Akiki, Olga el-Kik) Ferrando (Béchara Moufarrej), Guglielmo (Salbatore Grigoli), Don Alfonso (Cesar Naasy).
Chefs des chœurs, Khalil Rahmé.

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