Des Yéménites sont arrivés hier à Sanaa, après plusieurs jours hors du pays à cause des bombardements aériens. Mohammad Huwais
L'aide humanitaire a commencé à arriver hier au Yémen à la faveur d'une trêve après sept semaines de combats et de raids aériens de la coalition menée par l'Arabie saoudite contre les rebelles chiites. Cette trêve de cinq jours vise à permettre la livraison de matériel de secours désespérément attendus par la population, bien que les organisations humanitaires ont averti qu'elles avaient besoin de plus de temps.
Le cessez-le-feu semblait globalement respecté, même si les autorités saoudiennes ont dénoncé des tirs d'obus contre ses provinces du Sud depuis le Yémen. Elles ont affirmé « adopter une attitude de retenue par respect à la trêve ». La coalition a prévenu les rebelles qu'elle reprendrait ses raids aériens en cas de violation du cessez-le-feu et annoncé poursuivre ses opérations de « renseignement, de reconnaissance et de surveillance » au-dessus du Yémen.
En fin d'après-midi, des accrochages, parfois aux canons de char, ont éclaté dans des quartiers de Taëz, ont indiqué des responsables locaux.
De son côté, le Conseil de sécurité de l'Onu a exhorté tous les belligérants à respecter la trêve et « permettre l'entrée et la livraison des secours essentiels à la population civile, y compris la nourriture, les médicaments et le carburant ».
Affectée par une crise humanitaire jugée « catastrophique » par l'Onu et des ONG, la population exprimait son soulagement de l'arrêt des raids. « Sanaa a vécu une nuit calme après qu'eurent cessé les déflagrations des missiles de la DCA et les bombardements qui faisaient peur à la population », a déclaré Tawfic Abdelwahab, un habitant de la capitale, contrôlée par les rebelles chiites. « Nous espérons que cette trêve deviendra permanente. Nous avons finalement réussi à dormir tranquillement », a indiqué pour sa part Mohammad al-Saadi, 25 ans, un autre habitant de Sanaa.
Centre du roi Salmane
La distribution de l'aide a repris grâce à la cargaison de carburant d'un navire affrété par le Programme alimentaire mondial (PAM) qui a accosté dimanche au port de Hodeida sur la mer Rouge, a annoncé une source portuaire. Et dans l'espoir de remplir leur réservoir en pleine pénurie d'essence, des automobilistes se sont déjà précipités dans les stations service où ils faisaient la queue comme à Sanaa.
Le roi Salmane d'Arabie saoudite a pour sa part annoncé avoir doublé à 540 millions de dollars l'aide humanitaire de son pays au Yémen, en ouvrant à Riyad un centre de secours et d'actions humanitaires. Ce centre, qui porte son nom, a l'ambition de centraliser l'aide au Yémen, selon les autorités.
Alors que des dirigeants arabes du Golfe se trouvaient à Washington pour un sommet avec le président Barack Obama, focalisé sur l'Iran, Téhéran a sévèrement mis en garde les États-Unis si un bateau iranien d'aide humanitaire était empêché d'atteindre le Yémen. Un haut gradé à Téhéran, le général Masoud Jazayeri, a laissé entendre que l'Iran avait bien l'intention de délivrer l'aide dans un port yéménite, et non via la plate-forme mise en place par l'Onu à Djibouti, comme le lui a demandé Washington.
(Source : AFP)

