Une trêve humanitaire de cinq jours est entrée en vigueur hier soir au Yémen, a annoncé la coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite qui bombarde depuis le 26 mars les miliciens chiites houthis. Ce cessez-le-feu doit permettre l’acheminement de vivres et d’aide aux populations yéménites durement touchées par les combats. Le porte-parole de la coalition, le général saoudien Ahmad Assiri, a toutefois prévenu que si les rebelles ne respectent pas la trêve, les frappes reprendront. Mohammad Huwais/AFP
La coalition antirebelles a annoncé hier le début d'une trêve de cinq jours tout en prévenant qu'elle répliquerait à toute violation du cessez-le-feu proposé par l'Arabie saoudite. La trêve a « absolument (commencé) à 23h00 (20h00 GMT) », a ainsi déclaré à l'AFP le porte-parole de la coalition, le général saoudien Ahmad Assiri. « Mais nous sommes très clairs. S'ils ne (le) respectent pas (...) nous continuerons » les frappes, a-t-il ajouté.
Peu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à 23h00, les armes s'étaient relativement tues à Aden, Lahj et Abyane (Sud), alors que les rebelles ont redéployé leurs troupes pour renforcer leurs positions notamment à Mareb, près de Sanaa, et à Dhaleh, selon des témoins. Et dans la capitale, la situation était calme une heure après l'entrée en vigueur de la trêve selon des habitants. Mais jusqu'aux dernières minutes, les violences ont continué entre les houthis, soutenus par l'Iran, et les pro-Hadi.
« Sérieux dégâts »
Lundi soir et hier matin, la coalition a intensivement bombardé Sanaa. Des bombardements « massifs » qui ont causé de « sérieux dégâts » dans la vieille ville de la capitale yéménite, classée au patrimoine mondial de l'humanité, a déploré mardi l'Unesco. Moins de deux heures avant la trêve, des positions militaires rebelles autour de Sanaa étaient toujours visées par des raids, selon des habitants. Un dépôt d'armes des rebelles situé près de la capitale qui avait déjà été bombardé par la coalition lundi soir a de nouveau été visé hier, provoquant une série d'explosions, le ministère de la Santé faisant état de 69 morts, en majorité des civils, et 250 blessés.
(Lire aussi: L'opération au Yémen a empêché un complot contre la sécurité régionale, estime Riyad)
À Aden, grande ville du sud, les combats ont fait lundi 6 morts et 52 blessés, et mardi soir les rebelles tentaient d'avancer vers une raffinerie de pétrole. Toujours dans le sud du pays, des dizaines de rebelles et de pro-Hadi ont été tués ces dernières 24 heures, et onze civils, dont trois femmes, ont été tués mardi par des obus à Taëz. La coalition a bombardé un site de DCA contrôlé par les houthis, dans la province de Mareb, où de très violents combats se déroulaient encore à une heure de la trêve.
Au total, 828 civils ont été tués depuis le 26 mars selon l'Onu. La coalition a perdu un avion marocain que les rebelles ont dit avoir abattu lundi. Selon le porte-parole de la coalition, le général Ahmad al-Assiri, la chute du F-16 est due à un problème technique ou une erreur humaine. Il a appelé les rebelles à agir de façon « responsable (vis-à-vis du pilote), qu'il soit mort ou vivant ».
Trêve humanitaire
La trêve devrait permettre l'acheminement rapide d'aide humanitaire via une plate-forme mise en place par l'Onu à Djibouti, en face des côtes yéménites. Anticipant l'arrêt des combats, les Nations unies se sont préparées à une large opération humanitaire au Yémen, où selon elle 12 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial (Pam) – qui a pu venir en aide à 1,1 million de Yéménites en avril – a dit se tenir prêt à apporter des rations alimentaires d'urgence à plus de 750 000 personnes dans les régions touchées par le conflit. À Washington, le Pentagone a affirmé hier qu'un bateau d'aide humanitaire que l'Iran vient d'expédier vers le Yémen devrait livrer son aide via l'Onu à Djibouti, plutôt que directement dans le pays.
Sur le plan diplomatique, le nouvel émissaire des Nations unies, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, est arrivé à Sanaa pour sa première mission au Yémen depuis qu'il a remplacé le 25 avril le Marocain Jamal Benomar. Cité par l'agence Saba, contrôlée par les houthis, il s'est dit « convaincu qu'un règlement de la crise yéménite passe par le dialogue, qui doit être interyéménite ».
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MALHEUREUSEMENT IL SEMBLE QU'ELLE NE SERA POINT RESPECTÉE NI PAR LES UNS ET NI PAR LES AUTRES !
12 h 00, le 13 mai 2015