André Ayew a sonné la révolte marseillaise dans le dernier quart d'heure. AFP
Mis sous pression par la large victoire de Saint-Étienne face à Nice (5-0) plus tôt dans la journée, l'Olympique de Marseille (OM) était condamné à l'exploit face à l'AS Monaco (ASM) pour espérer revenir sur la scène européenne la saison prochaine.
Opposés à la meilleure défense du championnat (24 buts encaissés en 35 matchs avant le coup d'envoi), les joueurs de Marcelo Bielsa ont enfin réussi à battre une des équipes du top 4 (avec Paris et Lyon) cette saison. À deux points de leur adversaire direct à l'issue de la rencontre, les Phocéens reprennent par la même occasion la quatrième place aux Stéphanois. Ils doivent désormais garder le cap et compter sur un revers des Monégasques lors des deux dernières journées pour accrocher une qualification pour les barrages de la Ligue des champions la saison prochaine. Le président Vincent Labrune, très critiqué par une grande partie des supporters pour sa gestion depuis son arrivée en 2011, peut souffler.
Sauvés par une blessure
Crucifiés par une frappe assassine de João Moutinho dès la première minute de jeu, suite à une mauvaise relance de Mario Lemina, les joueurs marseillais n'ont d'abord jamais semblé en mesure de déstabiliser l'équipe qui avait tenu la dragée haute à la Juventus de Turin en Ligue des champions quelques semaines plus tôt. Les Olympiens auraient même pu retourner au vestiaire avec deux buts de plus dans la musette sans deux interventions décisives de Steve Mandanda devant Anthony Martial (24e), puis Fabinho (39e). Les attaquants marseillais, en constante infériorité numérique dans la surface adverse, n'ont pas réussi à exister pendant les 45 premières minutes, à une tentative près de Romain Alessandrini (24e). La défense, aux abois, a souffert le martyre face aux contres menés par les joueurs de la principauté.
Les Olympiens débutent la seconde mi-temps avec de meilleures intentions, mais sans pour autant réussir à se créer d'occasions dangereuses jusqu'à une reprise instantanée de Dimitri Payet à la 60e. La sortie sur blessure du défenseur monégasque Aymen Abdennour à la 78e minute va faire complètement basculer la rencontre en faveur des locaux. André Ayew égalise de la tête dans la foulée sur un bon centre de Romain Alessandrini (79e). La délivrance survient, elle, à trois minutes du terme sur une frappe à ras du sol signée Romain Alessandrini, exploitant parfaitement une remise de Payet face à une défense monégasque complètement désorganisée. Une victoire au forceps qui doit beaucoup aux entrées de Michy Batshuayi et de Florian Thauvin – pourtant écarté du groupe une semaine plus tôt –, qui ont permis à l'attaque marseillaise de retrouver ses repères.
Turpin peut souffler
La désignation de Clément Turpin pour arbitrer la rencontre opposant l'OM à l'ASM a fait craindre le pire à de nombreux supporters marseillais. Le jeune homme en noir (33 ans le 16 mai) s'était en effet attiré les foudre des Phocéens deux fois au moins cette saison. En novembre 2014, lors du déplacement au Parc des Princes pour affronter le PSG, sa « mauvaise appréciation de la faute » de Giannelli Imbula, selon ses propres termes, l'avait conduit à expulser le milieu marseillais sur une faute anodine. En février, lors du choc contre Saint-Étienne, l'arbitre oubliait de siffler une charge d'un joueur stéphanois à l'origine d'une action qui permettait aux Verts de revenir in extremis à hauteur des Olympiens (2-2). Pour ne rien arranger, sur les 9 matchs de l'OM en Ligue 1 arbitrés par Clément Turpin depuis 2012, les Marseillais restaient sur une série de 9 matchs sans victoire (7 défaites et deux nuls). La victoire phocéenne à laquelle il a assisté hier soir l'aidera sans doute à soigner sa cote de popularité du côté de la Canebière, au plus bas depuis le début de la saison et la défaite de l'OM face à Montpellier, pour laquelle sa responsabilité n'était pas engagée.


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