Mohammad Sammak et Giuseppe Morabito.
L'ambassadeur d'Italie, Giuseppe Morabito, a remis les insignes d'officier de l'ordre du Mérite à Mohammad Sammak, secrétaire général de la Commission nationale du dialogue islamo-chrétien, en appréciation de ses qualités humaines et professionnelles, comme en reconnaissance des services qu'il a rendus à l'Italie et des efforts qu'il déploie pour renforcer les relations bilatérales. La cérémonie s'est déroulée à la résidence de l'ambassadeur, en présence de nombreuses personnalités.
« Je regrette de ne pas pouvoir lui accorder le prix Nobel de la paix, alors que je suis convaincu qu'il le mérite », a affirmé M. Morabito dans une allocution.
S'attardant sur le parcours « professionnel et social de cet homme infatigable et innovateur », M. Morabito a souligné que pour M. Sammak, « le dialogue est un mode de vie ». « C'est la culture de construire des ponts entre des personnes de religions différentes et de différents milieux, en commençant par le respect et la reconnaissance de l'identité différente de l'autre », a ajouté l'ambassadeur.
Il a en outre mis l'accent sur « l'engagement » de M. Sammak en faveur du dialogue intercommunautaire, affirmant dans ce cadre que celui-ci est nécessaire « pour promouvoir la paix, prévenir la violence et le terrorisme, comme pour lutter contre le terrorisme ».
« Le dialogue intercommunautaire est le meilleur antidote contre l'extrémisme et la terrorisme », a encore insisté M. Morabito. Et de conclure : « Les musulmans et les chrétiens sont les premières victimes du terrorisme. Nous sommes inquiets de la propagation de l'intolérance religieuse (...). L'option militaire pour combattre l'extrémisme et le terrorisme n'est pas l'unique option. La solution à la violence ne peut avoir lieu par une autre violence. La vraie bataille est culturelle. C'est la bataille de connaître et de diffuser le vrai message sur la religion. C'est la bataille de donner le bon message aux jeunes. C'est la bataille du dialogue interreligieux. C'est la grande leçon que nous avons apprise de Mohammad Sammak. »
De son côté, M. Sammak a estimé que « cet honneur constitue une responsabilité supplémentaire parce que cela constitue un coup de pouce moral pour poursuivre la mission à laquelle je me suis consacré : construire des ponts entre les communautés de différentes religions, confessions, traditions et cultures ». « En bref, faire de mon mieux pour être à l'image du Liban message, comme l'a décrit Sa Sainteté le pape Jean-Paul II », a-t-il poursuivi.
« Nous nous noyons dans la religion, alors que nous avons soif de sagesse, a ajouté M. Sammak. Il y a trop de religions dans nos sociétés, mais peu de spiritualité. À chaque société sa manière de vivre. L'erreur est de penser qu'une société peut instaurer ses principes et ses valeurs partout. »
M. Sammak a constaté que dans « des sociétés pluralistes comme les nôtres, il n'y a pas de coexistence sans coopération, pas de coopération sans confiance et pas de confiance sans paix ». « Mais faire la paix, c'est comme faire l'amour, a-t-il noté. Il faut être deux pour danser. »
Soulignant que le désir de faire la paix n'existe pas encore, M. Sammak a indiqué qu' « il faut toujours se rappeler que les pacificateurs sont bénis parce qu'ils sont appelés fils de Dieu ». Il a conclu en affirmant : « La religion n'est pas un permis de tuer, mais un permis de vivre ensemble dans le respect et l'amour. Peut-on faire cela au Moyen-Orient ? (...) Cette région est la terre des religions. Et les religions sont basées sur des miracles. Cela est un nouveau miracle en gestation. »


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