Les partisans des houthis au cours d’un gigantesque rassemblement à Sanaa. Photo AFP/Mohammad Huwais
Le ministre des Affaires étrangères saoudien Adel al-Joubeir, dont le pays dirige une coalition militaire arabe contre les rebelles chiites houthis au Yémen, a annoncé hier qu'un cessez-le-feu de cinq jours entrerait en vigueur le 12 mai dans ce pays, à condition que les rebelles le respectent. « Nous avons décidé que le cessez-le-feu commencerait mardi 12 mai à 23h00 heure locale et durerait cinq jours, renouvelable s'il est respecté », a déclaré M. al-Joubeir lors d'une conférence de presse avec le secrétaire d'État américain John Kerry, à l'issue d'une rencontre à Paris entre ce dernier et les ministres des Affaires étrangères des monarchies du Golfe. Il a cependant précisé que le cessez-le-feu ne serait mis en œuvre que si les rebelles houthis et ceux qui les soutiennent s'engageaient à le respecter. « Cela dépend entièrement des houthis et de leurs alliés. Le cessez-le-feu s'arrêtera s'ils ne respectent pas l'accord », a déclaré le ministre, estimant que la proposition saoudienne constituait « une chance pour les houthis de montrer qu'ils ont à cœur les intérêts de leur population et du Yémen ».
John Kerry a affirmé qu' « il s'agit clairement d'un moment important », estimant qu'il y avait « des indications » que les houthis acceptent le cessez-le-feu. « Nous espérons qu'ils l'accepteront, nous avons eu des indications, mais pas de certitude », a-t-il dit. Il a souligné que la date du 12 mai avait été choisie par l'Arabie saoudite et son allié américain afin de donner le temps aux houthis « de faire passer le message » à leurs combattants sur le terrain. Mais « un cessez-le-feu n'est pas la paix, au final, les belligérants vont devoir trouver un moyen de s'asseoir à la table » des négociations », a-t-il ajouté, répétant que « seule une solution politique par les Yéménites et pour les Yéménites peut mettre un terme à la crise ». Sans les citer, John Kerry a également « encouragé » l'Iran et la Russie, pays qui ont le plus d'influence sur les rebelles houthis, à les « pousser » à accepter les termes d'une trêve. Il a assuré que les États-Unis seraient en contact avec Moscou et Téhéran à cette fin.
Offensive à Saada
Quelques heures après avoir proposé une trêve humanitaire dans le pays en guerre, l'Arabie saoudite, aidée de ses alliés arabes, a néanmoins bombardé le principal fief des rebelles chiites au Yémen en riposte aux attaques contre un secteur frontalier saoudien. Selon l'agence saoudienne Spa, la coalition a frappé jeudi soir d'importantes cibles à Saada, une région frontalière de l'Arabie saoudite d'où les rebelles houthis ont lancé en juillet 2014 leur offensive qui leur a permis de s'emparer de vastes zones du centre et de l'ouest du pays, dont la capitale Sanaa. Les avions de la coalition ont visé, jeudi soir, deux centres de contrôle, un site de communications et une usine fabriquant des mines dans et près de la ville de Saada, a précisé l'agence saoudienne Spa. D'autres cibles ont également été visées et « détruites ». Douze combattants ont péri dans les raids alors que trois civils et trois pro-Hadi sont morts dans les combats, selon des responsables.


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