L’avion du général Aoun s’est posé samedi 7 mai à 16h50 à Beyrouth. Ses partisans se sont rendus par dizaines de milliers dans le centre-ville de la capitale libanaise sur la désormais célèbre place des Martyrs.
Des femmes émues jusqu'aux larmes. Des hommes incrédules qui sanglotaient de joie, eux aussi, pour la seconde fois seulement, après avoir pleuré leur tristesse le 13 octobre 1990, jour de la chute du général Aoun. Et puis une foule de partisans en liesse, une véritable marée orange, revêtue des couleurs du CPL et arborant des drapeaux libanais, qui ont hurlé leur bonheur, d'une seule voix, pour souhaiter la bienvenue à leur leader tant attendu, de retour d'exil après 15 ans d'absence.
(...) Hier, c'était jour de fête dans tout le périmètre de la place des Martyrs, et dans toutes les artères de la capitale qui y aboutissaient. Jour de fête pour une importante tranche de la rue chrétienne, certes, partisane de Michel Aoun, mais aussi pour un millier de notables druzes de Hasbaya, dont l'émir Fayçal Arslane, pour de nombreux mahométans qui n'ont pas hésité à se déplacer en famille, et pour les jeunes des Forces libanaises, qui portaient fièrement leur drapeau, accueillant avec espoir celui qui fut leur ancien ennemi.
(...) Sur le coup de 18 heures, après l'arrivée de plusieurs personnalités de Kornet Chehwane, notamment GebraneTuéni, Gabriel Murr, Élie Karamé, Chakib Cortbaoui et Farid el-Khazen, Michel Aoun a finalement fait son apparition, sous les « général ! » d'une foule en délire et les « Ahlan wa sahlan » de Wadih es-Safi et de nombreux chanteurs présents pour la circonstance, alors que des colombes blanches étaient lâchées. Avant de gagner la tribune, le général Aoun s'est recueilli devant la tombe de Rafic Hariri, déposant une gerbe de fleurs sur le mausolée. (...). Et puis, les premières paroles du général tant attendues : « Grand peuple du Liban... Grand peuple du Liban », saluées d'applaudissements à tout rompre d'un peuple fier d'être désormais libre. (...)

