Le géant français du nucléaire Areva a annoncé jeudi la première diminution d'effectifs de son histoire avec 5 à 6 000 suppressions de postes dans le monde, poussant l'État, principal actionnaire, à réafficher sa volonté d'éviter des licenciements.
Le leader européen de l'atome, détenu à près de 87 % par des capitaux publics, a accusé une perte de près de cinq milliards d'euros l'an dernier. Pour redresser ses comptes, le groupe avait annoncé en mars un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici à 2017. Hier, Areva a détaillé sa thérapie de choc : deux tiers des économies seront réalisées en réduisant de 18 % les frais de personnel, ce qui devrait déboucher sur 5 à 6 000 suppressions de postes au niveau mondial. Des efforts sur les achats assureront le tiers restant. Le groupe emploie actuellement environ 44 000 personnes dans le monde, dont 29 000 en France. Il avait déjà annoncé la suppression de 1 500 postes en Allemagne d'ici à 2017. Il a aussi engagé un plan de départs de « quelques centaines » de personnes aux États-Unis et licencié 170 salariés au Niger sur sa mine d'uranium d'Imouraren (Nord), dont le chantier est suspendu depuis août.
Mais c'est la France qui sera la plus touchée par le plan d'économies avec 4 à 5 000 emplois en moins, un sixième des effectifs. La direction a rencontré jeudi matin les syndicats pour ouvrir les négociations sur le sujet.
Le président socialiste François Hollande a pourtant remis en chantier début mars une réorganisation de la filière nucléaire, qui joue un rôle crucial en France. Près de 75 % de l'électricité consommée dans le pays est d'origine nucléaire et le gouvernement ne cesse de marteler que la filière constitue « un facteur essentiel de la souveraineté et de l'indépendance énergétique » de la France. Pour sortir la filière de sa mauvaise passe, le chef de l'État a demandé à Areva et au producteur d'électricité EDF, lui aussi détenu à près de 85 % par l'État, de se rapprocher.
Areva maîtrise toute la chaîne, de l'extraction d'uranium au traitement des déchets nucléaires, mais EDF gère les 58 réacteurs du pays. Deux scénarios sont sur la balance pour ce rapprochement : une cession totale de la branche Areva NP (réacteurs et ingénierie) à EDF ou un rapprochement de l'ingénierie sous le contrôle d'EDF. Dans ce scénario, Areva pourrait rechercher à l'extérieur des partenaires dans certaines de ses activités (mines, réacteurs, maintenance, etc.).
(Source : AFP)
Économie - Nucléaire
Areva va supprimer plus de 5 000 postes dans le monde pour redresser ses comptes
OLJ / le 08 mai 2015 à 00h00


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