Une vue aérienne de la voiture utilisée par les deux assaillants après l’attaque de Garland au Texas. Rex Curry/Reuters
Le groupe État islamique (EI) a revendiqué, hier, pour la première fois une attaque aux États-Unis. « Deux soldats du califat ont mené une attaque contre une exposition de caricatures contre le Prophète à Garland, au Texas, Amérique », a annoncé la radio de l'organisation qui a proclamé un « califat » à cheval sur l'Irak et la Syrie. « Nous disons à l'Amérique : ce qui se prépare sera plus important et plus amer. Vous verrez des choses horribles menées par les soldats de l'État islamique », a menacé le groupe jihadiste.
L'attaque s'est produite dimanche dans la grande banlieue de Dallas, où se déroulait un concours de caricatures de Mohammad organisé par l'association American Freedom Defense Initiative, considérée comme islamophobe. Un policier a abattu très rapidement avec son arme de service les deux hommes lourdement armés, qui malgré un feu nourri n'ont réussi à blesser que légèrement un garde de sécurité.
La Maison-Blanche a toutefois estimé hier qu'il était « trop tôt » pour établir un lien entre l'EI et les deux hommes. « Il est trop tôt pour se prononcer à ce stade », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président Barack Obama, interrogé sur la revendication de cette attaque par l'EI. Comme il l'avait déjà fait par le passé à propos d'autres attaques, M. Earnest a appelé à ne pas tirer de conclusions hâtives à partir de ce type de revendications, soulignant qu'elles étaient parfois formulées pour des raisons de propagande sans qu'un véritable lien ne puisse être établi.
Les autorités américaines n'ont pas communiqué officiellement leurs noms, mais les deux assaillants de Garland ont été identifiés par les médias américains comme étant Elton Simpson, 31 ans, et Nadir Soofi, 34 ans. Ceux-ci habitaient apparemment dans le même immeuble à Phoenix dans l'Arizona. Si M. Soofi n'était pas dans le viseur des autorités, Elton Simpson était en revanche suivi par le FBI.
Surveillance des publications
Selon des documents de justice obtenus par l'AFP, Elton Simpson avait été condamné en août 2011 en Arizona à trois ans de mise à l'épreuve pour avoir menti au FBI. Malgré ses dénégations, des enregistrements audio du FBI avaient prouvé qu'il avait fait part à un ami de son souhait de se rendre en Somalie pour rejoindre ses « frères » et accomplir le jihad. Il avait été condamné pour avoir menti à la police fédérale, mais le juge avait toutefois estimé qu'il n'y avait pas assez de preuves pour établir qu'il avait l'intention de rejoindre un groupe islamiste en Somalie. Le FBI et la police de Phoenix avaient rouvert une enquête sur Simpson il y a quelques mois, quand celui-ci avait commencé à poster sur Internet des éléments se rapportant au groupe EI. Depuis, le jeune homme, qui travaillait dans un cabinet dentaire, était suivi par les autorités qui surveillaient notamment ses publications sur les réseaux sociaux et qui, occasionnellement, resserraient les mesures de suivi, selon le New York Times. Le quotidien note cependant que rien n'avait permis aux autorités de suspecter un passage à l'acte imminent.
Citant le président du Centre islamique où les deux hommes avaient l'habitude d'aller prier, le New York Times note qu'ils étaient bien appréciés à la mosquée et qu'ils n'avaient jamais ouvertement fait part de leurs penchants radicaux. Ils n'y étaient pas extrêmement assidus mais allaient y prier régulièrement. Elton Simpson s'était converti à l'islam durant ses années de lycée, où il était l'un des meilleurs joueurs de basket de son équipe. Duston Simpson, le père d'Elton Simpson, avait dit lundi à la chaîne ABC News que son fils avait « fait un mauvais choix ». « Nous sommes américains et nous croyons en l'Amérique. Ce que mon fils a fait reflète très mal ce qu'est ma famille », avait-il déclaré.
C'est la première fois que le groupe extrémiste sunnite, responsable d'atrocités et accusé par l'Onu de crimes contre l'humanité, revendique officiellement une attaque dans un pays occidental. L'organisation n'avait par exemple pas repris à son compte les attentats de Paris début janvier.


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