Le sommet Ukraine-UE, hier, à Kiev. Mykola Lazarenko/service de presse présidentiel ukrainien/AFP
Le président ukrainien, Petro Porochenko, a appelé hier l'Europe à envoyer une mission de maintien de la paix dans l'Est rebelle prorusse de son pays, où les tensions restent vives en dépit de la trêve. « Nous espérons un renforcement du rôle-clé de l'UE dans le processus de paix », a ainsi déclaré M. Porochenko en ouvrant le sommet Ukraine-UE à Kiev. « L'Ukraine s'est adressée à l'Onu et l'UE pour demander une opération internationale de maintien de la paix dans notre pays », a-t-il poursuivi.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a immédiatement douché ses espoirs. « Nous connaissons les attentes ukrainiennes, mais il est impossible d'envoyer une mission militaire » dans l'immédiat, cette question n'ayant pas encore été débattue par les 28 pays de l'UE, a déclaré M. Tusk lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Porochenko et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Les Européens ont bien reçu les propositions ukrainiennes à ce sujet, mais « à ce stade, nous étudions ces propositions en détail », avait expliqué à la veille du sommet un responsable européen sous le couvert de l'anonymat. Selon M. Tusk, l'UE n'est prête pour le moment qu'à « envoyer le plus vite possible une mission d'évaluation civile » dans la zone de conflit afin d'examiner la « situation humanitaire ».
Une liste de tâches
Ce sommet Ukraine-UE est le premier organisé depuis la signature en juin dernier d'un accord d'association, dont le rejet par l'ex-président prorusse Viktor Ianoukovitch avait déclenché des manifestations à Kiev sur le Maïdan, débouchant sur la chute du régime. Après la fuite en Russie de M. Ianoukovitch, Moscou a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée. La rébellion prorusse a suivi quelques semaines plus tard. Depuis, l'Ukraine est en proie à un conflit armé (qui a fait plus de 6 100 morts en un an) et une grave crise économique.
Alors que l'Ukraine est sous perfusion financière des Occidentaux pour éviter la faillite, les Européens sont de plus en plus impatients de voir se concrétiser les réformes promises par les autorités pro-occidentales, notamment sur la lutte contre la corruption.
« Vous avez un ennemi puissant (la Russie), mais aussi beaucoup d'amis. Vous pouvez compter sur leur aide, mais cela ne suffira pas si vous ne changez pas l'Ukraine vous-mêmes », a déclaré M. Tusk, après avoir posé une gerbe devant un monument à la mémoire de la centaine de manifestants tués sur le Maïdan. « C'est à vous et seulement à vous, à votre nation, vos gouvernement et Parlement de faire le difficile travail de réformes », a-t-il insisté en conférence de presse.
Dans une déclaration conjointe, MM. Porochenko, Tusk et Juncker ont énuméré une liste de tâches à accomplir par Kiev. Outre la lutte contre la corruption, on y trouve notamment une réforme constitutionnelle et judiciaire, et la transparence du secteur énergétique et des finances publiques.
(Source : AFP)

