Bielsa réconforte ses joueurs après leur défaite contre Lorient. Bertrand Langlois/AFP
« L'OM est en crise », a finalement lâché Marcelo Bielsa en conférence de presse, après avoir assisté à la déroute (3-5) de ses joueurs face à Lorient, vendredi au Vélodrome. Sevrés de victoire depuis un mois et demi et flirtant avec la zone rouge, les « Merlus » ont dominé de la tête et des épaules un collectif marseillais plombé par une entame de match cataclysmique sanctionnée par deux buts lorientais inscrits en un petit quart d'heure. Un déficit qui ne sera finalement pas comblé en fin de match malgré la copie correcte rendue par les hôtes au niveau offensif. Solide prétendant au titre depuis le début de l'exercice 2014-2015, l'OM doit désormais cravacher pour espérer se qualifier pour une compétition européenne la saison prochaine.
Comme face à Nantes, les Olympiens ne pourront pas se réfugier derrière l'arbitrage pour expliquer cette quatrième défaite d'affilée qui doit autant à la vivacité des attaquants lorientais qu'aux largesses d'une défense marseillaise en formation « passoire ». Apte depuis quinze jours après de longs mois d'absence suite à une blessure au genou contractée pendant la Coupe d'Afrique des nations, Nicolas N'Koulou n'a pas plus pesé que ses coéquipiers face aux raids des Bretons, menés par un Jordan Ayew explosif. Le frère cadet du marseillais André Ayew a inscrit un doublé et adressé une passe décisive face à son ancienne équipe. Déjà en décembre dernier, le Ghanéen avait permis aux siens d'obtenir le match nul à domicile contre l'OM.
Dépassés
Meilleure attaque du championnat avant le carton du Paris Saint-Germain (PSG) face à Lille, samedi (6-1 pour les Parisiens), l'OM a pourtant tenu son rang à l'offensive en faisant trembler trois fois les filets de Benjamin Lecomte. Une performance qui doit cependant plus à la fébrilité de la défense Lorientaise (la 14e du championnat avec 48 buts encaissés) qu'à la maîtrise des joueurs marseillais. André-Pierre Gignac a été transparent, tout comme Florian Thauvin. Pour ce dernier, la saison n'aura finalement été qu'une longue succession d'opportunités manquées. Celle de son transfert, probablement vers l'Angleterre, ne le sera sans doute pas. Plus en jambes, André Ayew a été le seul olympien à surnager, aux côtés d'un Dimitri Payet tranchant par à-coups. Les deux hommes pourraient également quitter le club en juin.
Si l'entraîneur marseillais a tenu a endosser la responsabilité de ce revers après le coup de sifflet final, celle-ci incombe plutôt au manque d'engagement de ses joueurs sur les phases de récupération. Positionné assez bas, le bloc lorientais a su en profiter en faisant preuve d'une précision chirurgicale en contre, grâce à la justesse technique et à la vitesse de ses attaquants dans les 30 derniers mètres. Complètement dépassés, à l'image du gardien Steve Mandanda qui aurait dû sortir sur le coup franc à l'origine du 2-0, les défenseurs Marseillais n'ont jamais vu le jour dans cette rencontre. Lorient a en outre réussi à garder son sang-froid en reprenant instantanément l'avantage au tableau d'affichage après l'égalisation de l'OM grâce à l'ancien Dijonnais Romain Philipotteaux, avant de répliquer à la réalisation de Michy Batshuayi pour le 3-3. Le jeune attaquant belge est la seule satisfaction marseillaise en cette fin de saison qui rappelle étrangement celle de Bordeaux en 2010 (à la lutte pour le titre en mars, le club girondins s'était finalement effondré en avril).
Après cette nouvelle défaite, les supporters marseillais broient plus que jamais du noir et paniquent déjà à l'idée de voir le président du club, Vincent Labrune, privilégier l'équilibre des finances du club au détriment du recrutement. Pour ne rien arranger, grâce à son succès face à Lille, le rival parisien n'est plus qu'à quelques encablures d'un troisième titre consécutif que seuls les Lyonnais peuvent encore contester. À moins d'une réaction d'orgueil la semaine prochaine à Metz, l'avenir des Olympiens au plus haut niveau pourrait d'ores et déjà être durablement compromis.


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