Une survivante du massacre d'1,5 million d'Arméniens il y a un siècle, aujourd'hui âgée de 101 ans et qui vit aux Etats-Unis, a qualifié de "honte" le fait que la Maison Blanche n'utilise pas le terme de "génocide" pour qualifier cet événement.
Yevnige Salibian, qui vit dans une maison de repos en Californie (ouest), estime qu'il s'agit d'un choix politique et diplomatique à la veille du centième anniversaire, vendredi, de ces tueries qui se sont déroulées entre 1915 et 1917. "Pourquoi? Pour des raisons politiques! Ils ont des bases militaires en Turquie. Pour des politiques, ils ne veulent pas le reconnaître. Et c'est une honte, une honte pour l'Amérique", a-t-elle lancé.
Durant sa course à la Maison Blanche en 2008, le candidat Barack Obama avait pourtant milité pour reconnaître le "génocide arménien". Mais cette semaine, alors que l'échéance hautement symbolique des 100 ans approche, la Maison Blanche a soigneusement évité ce mot.
Yevnige Salibian se souvient encore du jour où, toute petite fille, elle a entendu la police turque frapper à la porte pour demander à sa famille de quitter le pays. "Je pleurais (...). J'avais 7 ans quand on est partis. Et nous avons voyagé dans une charrette tirée par deux chevaux", raconte-t-elle à l'AFP.
Le mois dernier, plusieurs parlementaires avaient déposé une résolution appelant Barack Obama à reconnaître le génocide, un terme qu'il n'a jamais employé comme président. En 2014, il avait évoqué "l'une des pires atrocités du XXe siècle" et appelé à une "reconnaissance pleine, franche et juste des faits".
La Turquie a toujours refusé d'admettre le génocide ou toute élimination planifiée, évoquant la mort d'environ 500.000 Arméniens (contre 1,5 million selon l'Arménie), qui s'étaient rangés pendant la Première guerre mondiale du côté de son ennemie la Russie, lors de combats ou à cause de famines.
Les autorités turques se sont d'ailleurs ostensiblement réjouies mercredi de la volonté des Etats-Unis de ne pas utiliser ce terme.
Yevnige Salibian, qui vit dans une maison de repos en Californie (ouest), estime qu'il s'agit d'un choix politique et diplomatique à la veille du centième anniversaire, vendredi, de ces tueries qui se sont déroulées entre 1915 et 1917. "Pourquoi? Pour des raisons politiques! Ils ont des bases militaires en Turquie. Pour des politiques, ils ne veulent pas le reconnaître. Et c'est une honte, une honte pour l'Amérique", a-t-elle lancé.
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