La diplomatie européenne rencontre Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, et Hassan Tajik, l’ambassadeur iranien en Autriche, à Vienne. Dieter Nagl/AFP
L'Iran et les grandes puissances ont repris, hier à Vienne, leur marathon en vue d'un accord définitif sur le nucléaire iranien, alors que de nombreux points restent en suspens après le compromis historique trouvé le 2 avril à Lausanne (Suisse).
La négociatrice de l'Union européenne, Helga Schmid, s'est entretenue avec le négociateur iranien Abbas Araghchi. Ils seront ultérieurement rejoints par les représentants des autres grandes puissances du groupe des 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Parallèlement aux rencontres diplomatiques, des réunions techniques et juridiques sont prévues au niveau des experts. Téhéran a prévenu hier que la levée des sanctions et l'obstruction possible du Congrès américain domineront ce premier round de pourparlers depuis Lausanne, prévu durant au moins deux jours au palais viennois du Coburg, au niveau des directeurs politiques. L'Iran s'inquiète de l'adoption par la commission des Affaires étrangères du Sénat américain d'une proposition de loi qui donnerait un droit de regard au Congrès en cas d'accord final. « Nous demanderons à la délégation américaine des explications sur cette question », a précisé M. Araghchi, dans un entretien à l'agence officielle Irna.
Réduction sévère des capacités nucléaires
Le président américain Barack Obama, qui avait évoqué début avril la perspective d'un « accord historique », doit encore convaincre l'opposition républicaine au Congrès. L'objectif pour les grandes puissances est d'obtenir une réduction draconienne des capacités nucléaires iraniennes en échange d'une levée des sanctions internationales qui brident l'économie du pays. Washington a publié des chiffres très précis sur la réduction des capacités nucléaires de Téhéran, soulignant que les stocks d'uranium enrichi de l'Iran seraient réduits de « 98 % » et que le nombre de ses centrifugeuses, qui permettent d'enrichir l'uranium, fondrait à « 6 104 » au total contre 19 000 actuellement. Mais l'Iran a simplement souligné que ses capacités seraient « limitées ». Le champ exact des inspections approfondies que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sera amenée à effectuer doit également être précisé, ainsi que les travaux de recherche et développement que l'Iran sera autorisé à mener.
Point d'achoppement
La question du calendrier de la levée des sanctions économiques de l'Union européenne et des États-Unis ainsi que le mécanisme qui permettrait de les remettre en place en cas de non-respect de ses obligations par l'Iran restent à résoudre. Le président iranien Hassan Rohani a insisté sur le fait que celles-ci devraient être levées « au premier jour de l'application de l'accord ». Pour les Occidentaux toutefois, une telle levée ne pourra intervenir avant que l'AIEA ait attesté que l'Iran a effectivement commencé à réduire ses capacités nucléaires, par exemple en démontant des machines, une procédure de vérification qui, selon le secrétaire d'État américain John Kerry, nécessitera « probablement de six mois à un an ».
Après avoir difficilement tracé les grandes lignes d'un compromis destiné à clore un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans, il reste tout juste 70 jours aux négociateurs pour affiner les détails avant la date butoir du 30 juin.
(Source : AFP)

