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Moyen Orient et Monde

Mohammad ben Salmane, « l’homme fort de l’Arabie saoudite »

Portrait

Le fils du roi en première ligne dans la guerre au Yémen.

OLJ
22/04/2015

Certains l'appellent « l'homme fort » de l'Arabie saoudite : le jeune prince Mohammad ben Salmane, fils du nouveau roi et ministre de la Défense, se retrouve sous les projecteurs en raison de la guerre au Yémen voisin.
Deux mois après sa nomination en remplacement de son père devenu roi, le prince a été propulsé sur le devant de la scène avec l'intervention le 26 mars d'une coalition dirigée par le royaume saoudien sunnite contre des rebelles chiites au Yémen liés à l'Iran. Depuis cette date, des avions de combat de Riyad mènent des frappes et des troupes au sol échangent des tirs avec des insurgés houthis à la frontière yéménite. Huit soldats saoudiens ont déjà été tués dans de tels accrochages.
Un mystère entoure l'âge exact du prince Mohammad qui porte une barbe bien taillée. Selon des experts et des médias, il a entre 30 et 35 ans. Comme si la responsabilité de la défense du royaume n'était pas suffisante, le jeune ministre dirige le cabinet royal et il est conseiller spécial du roi. En outre, il est membre du Conseil des affaires politiques et de sécurité et préside le Conseil des affaires économiques et de développement. « C'est l'homme fort de l'Arabie saoudite, affirme une source diplomatique occidentale. Il supervise tout ce qui est important dans son pays. »
En tant que chef du cabinet royal, le prince Mohammad occupe « une position avec un pouvoir immense dans une monarchie absolue », a écrit Bruce Riedel, ancien officier de la CIA qui dirige The Brookings Intelligence Project à Washington. M. Riedel a expliqué que ce fils du roi supervisait la sécurité du royaume en coordination avec le ministre de l'Intérieur Mohammad ben Nayef et le prince Mitab ben Abdallah, ministre de la Garde nationale, une armée parallèle.

« Agressif et ambitieux »
Une biographie de la Misk Foundation, que ben Salmane a créée pour le développement de la jeunesse, indique que le prince a eu « une carrière professionnelle de 10 ans » et qu'il a été actif dans les affaires et la philanthropie. Titulaire d'une license en droit de l'université du roi Saoud, il est devenu en 2009 conseiller spécial de son père, qui était à l'époque gouverneur de Riyad, avant de diriger le cabinet princier en 2013 quand Salmane est devenu prince héritier. En avril 2014, le prince Mohammad est devenu secrétaire d'État et membre du gouvernement, avant sa nomination comme ministre de la Défense et chef du cabinet royal le 23 janvier 2015, jour où son père Salmane, 79 ans, a succédé au roi Abdallah, mort à 90 ans. Le prince Mohammad « a la réputation d'être agressif et ambitieux », a affirmé M. Riedel.
La guerre au Yémen l'a placé au centre de l'échiquier du royaume qui a une posture régionale plus affirmée, comparée au règne de Abdallah. Aussi bien Mohammad ben Salmane que Mohammad ben Nayef « sont crédités pour la manière exemplaire dont cette guerre a été menée jusqu'ici militairement et politiquement », affirme un conseiller saoudien, sous couvert d'anonymat. Des photos de presse ont montré le jeune ministre de la Défense recevant ses homologues étrangers et, à une occasion, se penchant sur un soldat saoudien blessé pendant le conflit au Yémen. Sur Twitter, réseau social très utilisé en Arabie, l'action du prince est régulièrement saluée. Il est « fort et brave », a surenchéri un utilisateur, bien qu'un autre l'ait surnommé « le Saoudien téméraire qui n'a pas d'expérience dans la guerre ».
La source diplomatique note que comme le prince est un civil, « on peut se demander à quel point il écoute » les militaires. Une autre source, qui suit ces questions, affirme que Mohammad ben Salmane travaille apparemment en bonne entente avec les forces armées. « C'est une opportunité unique pour lui de montrer qu'il est efficace », alors que le roi « lui donne sa chance ». « Il y a une fluidité remarquable entre le leadership politique et les haut gradés en charge des opérations au jour le jour », a relevé Nawaf Obaid, expert au Harvard University's Belfer Center for Science and International Affairs. Selon la source diplomatique, l'ascension du prince Mohammad pourrait se poursuivre « à condition que la guerre (au Yémen) se passe bien ».
Ian Geoffrey TIMBERLAKE/AFP

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Bery tus

mais je me demande s'était qui, qui affirmait "attendais vous aller voir a cause de sa guerre au yemen l'arabie saoudite vas proceder a des changements radicaux a l'interieur ... et bien oui des changements il y en a eu, mais pas dans la direction que vous esperiez loool

ACE-AN-NAS

On nous demande de saluer un prince "democratique" a la barbe bien taillee et qui a foire dans son expedition Yemenite .
Les forces révolutionnaires yéménites ont mené une attaque éclaire à la frontière avec l’Arabie, tuant plusieurs soldats saoudiens. Ryad a imposé un black out total sur cet incident, au moment où le ministère saoudien de l’intérieur parlait d’un état d’alerte maximale pour contrer toute confrontation terrestre.
L’Iran a alerté plusieurs pays européens, qui ont à leur tour informé les Etats-Unis et l’Arabie, qu’il ne restera pas indifférent face à l’usage excessif de la violence à l’encontre des civils. Téhéran a envoyé vers la mer rouge un convoi de 9 navires, dont deux patrouilleurs de type militaire.
Mardi matin, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a téléphoné à son homologue iranien Mohammad Jawad Zarif pour lui informer que Washington est prêt à convaincre l’Arabie de stopper la guerre et veut une coopération dans la relance du processus politique au Yémen.

Pierre Hadjigeorgiou

Nous lui souhaitons beaucoup de bonne chance en espérant qu'il saura conduire l'Arabie Saoudite vers une Monarchie constitutionnelle moderne, vers la séparation de la religion des affaires politiques, vers plus de tolérance envers les autres croyances divines ainsi que l'abolition des punitions corporelles et de l'apostasie.

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