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Technologies

Les développeuses de jeux vidéo veulent plus de femmes aux manettes

Les adolescents masculins sont généralement effrayés de voir le « sexe faible » coloniser leurs mondes imaginaires.

Un nombre grandissant d'amateurs de jeux vidéo mettent au défi le secteur de changer les règles jugées trop misogynes d'un milieu où les femmes sont de plus en plus présentes.
La Game Developers Conference qui a lieu en mars à San Francisco a abordé la question du traitement réservé aux femmes dans ce milieu après la multiplication récente d'attaques au vitriol et souvent anonymes contre des conceptrices de jeux vidéo.
«Si vous êtes marginalisé d'une quelconque manière, si vous élevez le ton pour prendre la défense de personnes marginalisées ou pour demander plus de diversité... on considère comme acquis le fait que vous avez probablement été harcelé», avait expliqué la développeuse Elizabeth Sampat lors d'une conférence sur le harcèlement dans le milieu des jeux vidéo.
L'année dernière, l'affaire Zoe Quinn, dite le GamerGate, a fait date dans cette communauté en ligne. À l'origine, l'opération avait pour objectif de dénoncer la corruption des journalistes spécialisés dans les jeux vidéo. Mais la campagne s'est transformée en pugilat contre la développeuse indépendante Zoe Quinn, accusée par son ancien petit ami d'avoir tiré parti de sa relation avec un journaliste de Kotaku, un site de référence en la matière, pour promouvoir ses jeux.
Menacée de viol, de meurtre ou encore de mutilation, la jeune femme a affirmé avoir été contrainte de déménager pour échapper à ce flot d'attaques anonymes. «Si le GamerGate avait été le nom donné à une bombe atomique, j'ai été celle sur qui la bombe est tombée, a-t-elle dit lors de cette table ronde. Cela aurait pu arriver à n'importe qui. Il aura juste suffi d'un ex.»
Une étude publiée l'année dernière par l'International Game Developers Association (IGDA) a démontré que seules 22% des personnes travaillant dans ce secteur étaient des femmes, soit une augmentation de 15% par rapport à il y a cinq ans. L'étude montrait par ailleurs qu'environ 49% des joueurs étaient des femmes.
Dans ce milieu, a expliqué la présidente de cette association, Kate Edwards, «on craint de manière irrationnelle que l'arrivée de femmes pourrait être problématique». «C'est terriblement frustrant, a-t-elle ajouté. Il y a même beaucoup de femmes qui envisagent de quitter ce milieu tant cette situation les fatigue.»

Plus de développeuses, plus de joueuses
Si le monde des jeux vidéo est perçu comme un univers majoritairement masculin, le nombre de joueuses âgées de 30 à 40 ans surpasse en réalité le nombre d'adolescents aux manettes, selon IGDA.
La multiplication des jeux pour tuer le temps sur portables et tablettes comme «Candy Crush», spécialement prisé par les femmes, commence sérieusement à rivaliser avec les poids lourds que constituent les jeux de guerre et d'action.
«Le secteur des jeux vidéo a changé de manière spectaculaire», a affirmé Kate Edwards. Pour elle, le harcèlement en ligne pratiqué de manière anonyme contre les femmes est surtout le fait d'adolescents masculins effrayés de voir le «sexe faible» coloniser leurs mondes imaginaires. L'affaire Zoe Quinn n'a été, selon elle, que le paroxysme de tensions latentes depuis des années dans le milieu. «Ce n'est pas le fruit d'un raisonnement rationnel et normal, a-t-elle dit. C'était plutôt motivé par la peur de voir une femme surgir et bouleverser les règles du jeu d'une communauté qu'ils aiment comme elle est.» Elle est cependant convaincue que cette évolution du secteur ne menace pas les Shoot'em up (jeux de tirs, NDLR) et qu'elle apportera au contraire davantage de diversité.
«Il y aura toujours un espace pour les jeux d'actions et pour les jeux d'une minute sur portables», a-t-elle ajouté, portée par l'espoir que l'intégration de davantage de développeuses dans le milieu se traduira par l'arrivée de davantage de joueuses.
«Il y a encore beaucoup de progrès à faire, mais chaque année ça va mieux», avait alors conclu, confiante, la fondatrice du studio Little Worlds Interactive, Jenna Hoffstein.

Un nombre grandissant d'amateurs de jeux vidéo mettent au défi le secteur de changer les règles jugées trop misogynes d'un milieu où les femmes sont de plus en plus présentes.La Game Developers Conference qui a lieu en mars à San Francisco a abordé la question du traitement réservé aux femmes dans ce milieu après la multiplication récente d'attaques au vitriol et souvent anonymes contre des conceptrices de jeux vidéo.«Si vous êtes marginalisé d'une quelconque manière, si vous élevez le ton pour prendre la défense de personnes marginalisées ou pour demander plus de diversité... on considère comme acquis le fait que vous avez probablement été harcelé», avait expliqué la développeuse Elizabeth Sampat lors d'une conférence sur le harcèlement dans le milieu des jeux vidéo.L'année dernière, l'affaire Zoe Quinn,...
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