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Moyen Orient et Monde - Conflit

Le dialogue pour la réunification de Chypre reprendra prochainement

L'Onu, qui parraine les discussions, n'avance pas de date précise, mais soutient que les deux camps conviennent que le moment est opportun.

Les pourparlers sur la réunification de Chypre, à l'arrêt depuis six mois, doivent reprendre dans les prochaines semaines, à la faveur d'un apaisement des tensions liées aux richesses énergétiques de l'île méditerranéenne divisée depuis quatre décennies. C'est Espen Barth Eide, l'envoyé spécial de l'Onu, qui a fait cette annonce hier à Nicosie, sans avancer de date précise. Mais il a évoqué une relance des négociations après l'élection du dirigeant chypriote-turc lors du scrutin à deux tours débutant le 19 avril.
Chypriotes-Grecs et Chypriotes-Turcs se sont mis d'accord pour reprendre les négociations sous l'égide de l'Onu « dans plusieurs semaines, et pas plusieurs mois, à partir d'aujourd'hui. Les deux camps conviennent que le moment est opportun », a ainsi déclaré M. Eide. « Je crois fermement que 2015 sera une année décisive, dans la bonne direction », a ajouté le diplomate norvégien, en espérant parvenir à un « compromis stratégique ».

Fenêtre d'opportunité
« C'est une fenêtre d'opportunité qui ne va pas rester ouverte à jamais. Ce pays doit trouver une solution, c'est possible, chaque question peut être réglée s'il y a une volonté », a encore dit M. Eide, en déplorant qu'un « certain nombre de gens soient satisfaits qu'il n'y ait pas de solution ». Selon lui, « le gouvernement turc appuie avec force la réunification de l'île. Il existe de forts engagement et intérêts de la Turquie et des autres pays » pour une solution.
L'île est coupée en deux depuis l'invasion en 1974 de son tiers nord par la Turquie en réaction à un coup d'État visant à rattacher l'île à la Grèce. La partie sud, majoritairement hellénophone, est gouvernée par la République de Chypre, reconnue par la communauté internationale; celle du nord est dirigée par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), entité autoproclamée, reconnue uniquement par Ankara. Les pourparlers pour réunifier le pays traînent depuis des années sans enregistrer de véritable percée sur les principaux sujets : le partage du pouvoir, les droits de propriété et les ajustements territoriaux. Outre les divergences politiques entre les deux camps, la découverte d'importantes réserves de gaz au large de Chypre avait redonné un coup de fouet aux discussions et généré de vives tensions entre Nicosie et Ankara.
À Nicosie, le porte-parole du gouvernement, Nicos Christodoulides, a affirmé que M. Eide avait assuré au président Nicos Anastasiades que la Turquie faciliterait le processus de paix et ne publierait pas un nouvel avis de recherches maritimes au large des côtes sud de l'île. « Nous attendons de voir cela dans les faits », a-t-il dit, en soulignant que, pour « faciliter » la reprise du dialogue, la Turquie ne « devrait plus avoir recours à des actes illégaux comme en octobre 2014 et devrait soutenir le processus de négociations ». « Dans ces circonstances (...), nous sommes prêts à reprendre un dialogue sincère et sérieux (...) loin des menaces et intimidations », a-t-il ajouté.

Querelle sur le gaz
M. Anastasiades et Dervis Eroglu (le chef de la RTCN) avaient relancé en février 2014, après deux ans de suspension, les négociations. Mais elles ont de nouveau été interrompues en octobre de la même année. À cette date-là, les Chypriotes-Grecs s'étaient retirés des pourparlers pour protester contre les prospections maritimes de la Turquie dans leur zone économique exclusive (ZEE), considérant cela comme une tentative de violer leur droit à exploiter leurs ressources gazières et pétrolières.
La Turquie avait envoyé un bateau pour sonder les fonds marins dans la ZEE au large des côtes sud de l'île. Mais ce navire avait ensuite quitté la ZEE, au moment où le consortium italo-coréen ENI-Kogas et le français Total annonçaient ne pas avoir trouvé de réserves exploitables. De plus, un avis publié préalablement à d'éventuelles nouvelles recherches a expiré ce 6 avril sans que la Turquie ne le prolonge, une attitude qui favorise une relance des négociations. La République de Chypre, membre de l'Union européenne, a néanmoins averti qu'en cas de nouvelle violation de sa ZEE, elle se retirerait à nouveau des pourparlers.
Ankara est opposé à ce que la République de Chypre exploite les réserves en hydrocarbures découvertes au large de ses côtes avant un accord sur la réunification, afin de permettre à tous, Chypriotes-Grecs comme Chypriotes-Turcs, de bénéficier des retombées. Mais pour les Chypriotes-Grecs, l'exploitation des richesses gazières ne doit pas être suspendue à un compromis. En effet, depuis la découverte en 2011 d'importantes réserves (entre 100 et 170 milliards de m3), Nicosie ambitionne de devenir une plate-forme gazière régionale.
(Source : AFP)

Les pourparlers sur la réunification de Chypre, à l'arrêt depuis six mois, doivent reprendre dans les prochaines semaines, à la faveur d'un apaisement des tensions liées aux richesses énergétiques de l'île méditerranéenne divisée depuis quatre décennies. C'est Espen Barth Eide, l'envoyé spécial de l'Onu, qui a fait cette annonce hier à Nicosie, sans avancer de date précise. Mais il a évoqué une relance des négociations après l'élection du dirigeant chypriote-turc lors du scrutin à deux tours débutant le 19 avril.Chypriotes-Grecs et Chypriotes-Turcs se sont mis d'accord pour reprendre les négociations sous l'égide de l'Onu « dans plusieurs semaines, et pas plusieurs mois, à partir d'aujourd'hui. Les deux camps conviennent que le moment est opportun », a ainsi déclaré M. Eide. « Je crois fermement que 2015...
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