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Liban - La Situation

Un vendredi saint de vacance présidentielle, un peuple en deuil de sa Constitution

Mahmoud Zayyat / AFP En costume d’époque et sur une véritable croix en bois, ces habitants de Kleya (Liban-Sud) reconstituent la crucifixion de Jésus. Pourquoi prendre cette peine ? C’est sur une croix faite d’indifférence à ses souffrances et de prétention que tout le peuple libanais vit tous les jours une espèce de vendredi saint (fêté partout dans le monde par les catholiques, notamment à Jérusalem) dont il ne voit toujours pas le troisième jour.

C'est un vendredi saint poignant, marqué par des drames indicibles, que le Liban a commémoré hier, le cœur ailleurs. Un vendredi saint où les FSI et la famille de Ali Bazzal, un agent des Forces de sécurité intérieure de confession chiite, ont enfin pu faire le deuil de ce père de famille abattu par des jihadistes (sa femme s'est évanouie de douleur, à la vue du cercueil) ; un vendredi saint d'alarme, où des camionneurs libanais ont été pris au piège de la guerre à leur arrivée à la frontière syro-jordanienne.

Le message (classique) du jour, « Nous voulons un président », a été lancé depuis Kaslik, par l'abbé Tannous Nehmé, supérieur général de l'ordre des moines maronites (OLM). Comme toutes les Églises fidèles au calendrier liturgique occidental, ainsi que les arméniens-orthodoxes, la communauté maronite a en effet célébré l'office liturgique de l'Enterrement du Crucifié. Du nord au sud du pays, les processions se sont multipliées, au son des chants doloristes aimés des maronites, pour commémorer la mise au tombeau de Jésus.

Toutefois, comme il est devenu de tradition, c'est à l'Université Saint-Esprit que se sont retrouvées presque toutes les personnalités du gotha politique. L'office, qui se tient, faute de place, dans l'amphithéâtre Jean-Paul II, a été conduit par l'abbé Tannous Nehmé, assisté de nombreux prêtres, dont le nonce apostolique Gabriele Caccia. Dans l'assistance, les ministres Michel Pharaon, Gebran Bassil, Sejaan Azzi, Élias Bou Saab, Raymond Araiji et Alice Chaptini, le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, ainsi qu'une foule de personnalités de tous horizons.
Dans son message, l'abbé Nehmé s'est étendu sur « la guerre qui touche le Moyen-Orient et qui mène à la persécution des chrétiens et des minorités de la région », et dont il a dénoncé « les violences et les injustices ». Et d'appeler « toutes les parties politiques à œuvrer pour l'élection d'un nouveau président de la République ». « Nous avons grandement besoin de remplir cette vacance à la tête de l'État », a-t-il dit, sans grand espoir de se faire entendre, puisque les principaux responsable de l'impasse constitutionnelle étaient dans la salle.

Du reste, la réponse à cette invitation formelle ne s'est pas fait attendre. Elle est venue de Bkerké où, après avoir rencontré le patriarche Béchara Raï, le chef des Forces libanaises Samir Geagea a expliqué placidement qu'il ne se laissera pas forcer la main dans la guerre d'usure menée par le Courant patriotique libre (CPL) contre la Constitution, et qu'il n'est pas question, pour lui, d'élire Michel Aoun, un homme dont les convictions sont diamétralement opposées aux siennes. De quoi ajouter un nouvel attribut à ce vendredi saint, en en faisant une commémoration de vacance présidentielle. Un peuple en deuil de sa Constitution.

 

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C'est un vendredi saint poignant, marqué par des drames indicibles, que le Liban a commémoré hier, le cœur ailleurs. Un vendredi saint où les FSI et la famille de Ali Bazzal, un agent des Forces de sécurité intérieure de confession chiite, ont enfin pu faire le deuil de ce père de famille abattu par des jihadistes (sa femme s'est évanouie de douleur, à la vue du cercueil) ; un vendredi saint d'alarme, où des camionneurs libanais ont été pris au piège de la guerre à leur arrivée à la frontière syro-jordanienne.Le message (classique) du jour, « Nous voulons un président », a été lancé depuis Kaslik, par l'abbé Tannous Nehmé, supérieur général de l'ordre des moines maronites (OLM). Comme toutes les Églises fidèles au calendrier liturgique occidental, ainsi que les arméniens-orthodoxes, la communauté...
commentaires (5)

Sur la photo on croirait voir un 3achoura chiite ....

FRIK-A-FRAK

12 h 37, le 04 avril 2015

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Commentaires (5)

  • Sur la photo on croirait voir un 3achoura chiite ....

    FRIK-A-FRAK

    12 h 37, le 04 avril 2015

  • Cérémonie du Vendredi-Saint à l'USEK à Sarba-Jounieh, parmi les personnalités présentes Gébran Bassil, gendre du vrai/faux candidat Michel Aoun, 82 ans. Il a surement entendu le message de l'abbé Tannous Nehmé et son appel à oeuvrer pour l'élection d'un Président de la République... Maintenant qu'il a bien compris l'appel du prélat, il ne lui reste qu'à convaincre son beau-père et son CPL d'accomplir leur devoir d'aller au Parlement, au lieu d'encaisser leurs salaires depuis 10 mois pour un travail non accompli. Pour un député, aller au Parlement, c'est le premier degré du patriotisme.

    Annie

    12 h 28, le 04 avril 2015

  • ET LE CHEMIN DU VRAI CALVAIRE VIENT À PEINE DE COMMENCER...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 18, le 04 avril 2015

  • Depuis un an des discours dans les églises réclamant l'élection d'un président. Cela ne sert strictement à rien, tant que dans ces discours ne sont pas dénoncés le(s) vrai(s) chefs responsables de cette irresponsabilité. Il faut mettre à tout prix un point final à cette plaisanterie de très mauvais goût par laquelle les responsables irresponsables crucifient tous les jours ce pays.

    Halim Abou Chacra

    05 h 43, le 04 avril 2015

  • Les vrais Sain(t)s Libanais tentent de s'évader de cette gangue déprimante dont l'actualité de tous ces doloristes les enserre. Mais avec ces pleurnicheurs, il faut admettre que l'ordre habituel des choses chez ces religieux est toujours fait de larmes, de pleurs, d'humiliations et de haut-le-cœur. Et voilà que les Sain(t)s ressortent leurs mouchoirs qu’ils avaient à peine eu le temps de sécher ! Après avoir hésité, ils ont décidé qu’ils n'iraient pas "éructer" devant les facéties "théologiennes" d’un Tannoûss ou d’un Tânïoss Néëméh ou Chéhîne en fu(h)reur. Tout ce qu’il ouïssent au sujet de ces "théories", les éreintements et plus encore les panégyriques les conforte dans l'idée que cette évocation complaisante du supplice d’un "christ" qui ne leur a rien demandé, renvoie à la face la plus répugnante des sectarismes, à ce dolorisme honteux qui transforme la souffrance en mérite et le martyre en apothéose ! Avec, en prime, une effarante accusation de culpabilité. Car ils croient avec ce Tannoûss ou Tânïoss-là, guerrier ou prélat ou quelque chose comme ça, qu’en ne critiquant pas cet "apostolisme" ils évitent au moins ainsi le regard désapprobateur de sa sainte mère Marie qui, les fixant droit dans les yeux, leur aurait signifié : "Voyez ce que vous faites à mon fils, au fils de Dieu !". En l'occurrence, ce Tannoûss ou Tânïoss ; sorte de curé fonçant à dos de mulet ; semble faire peu de cas de la présomption d'innocence envers certains de ses "semblables" en principe.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 26, le 04 avril 2015

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