Des soldats russes lors d’exercices militaires près de la frontière tchétchène. Sergey Venyavsky/AFP
Missiles balistiques déployés à Kaliningrad, au cœur de l'Europe ; bombardiers stratégiques en Crimée ; soldats dans l'Arctique : l'armée russe conduit des exercices militaires d'une ampleur exceptionnelle visant à montrer aux Occidentaux, notamment à l'Otan, qu'elle est prête à tous les scénarios sur fond de crise ukrainienne.
Cette démonstration de force se déroule depuis une semaine aux quatre coins de la Russie, de l'enclave russe de Kaliningrad frontalière de la Pologne, de la Lituanie et du Belarus, aux Kouriles, ces îles russes que revendique le Japon, en passant par l'Arctique et la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie il y a tout juste un an. Et pour les experts russes interrogés par l'AFP, elle vise plusieurs objectifs à court et long terme : répondre au déploiement de 3 000 soldats américains pour trois mois dans les pays baltes, au renforcement décidé en février par l'Otan de la défense de son flanc oriental avec la création d'une nouvelle force de 5 000 hommes, et plus généralement à l'hypothèse envisagée par Moscou d'une montée en puissance militaire des États-Unis en Ukraine.
La République tchèque a indiqué hier que se tiendraient fin juin sur son territoire des exercices conjoints de défense antiaérienne avec les États-Unis, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie. La Bulgarie a de son côté annoncé la création d'un centre de commandement de l'Otan à Sofia, dans le cadre du renforcement du flanc oriental de l'alliance. « La Russie et l'Otan font l'étalage mutuel de leur savoir-faire et de leur agilité », résume l'ancien général russe Evgueni Boujinskiï pour l'AFP. « C'est une démonstration des capacités militaires de la Russie, de son renforcement militaire », estime le politologue Nikolaï Petrov. « Il s'agit de montrer que tout va bien, que tout est en ordre, de notre côté », ajoute-t-il.
L'Otan impressionnée
L'Otan, et au premier chef les États-Unis suivent attentivement ces exercices. « Ce qui m'intéressait, c'était de voir qu'ils peuvent déployer 30 000 personnes et 1 000 chars à un endroit très rapidement. C'était sacrément impressionnant », a déclaré hier le général Ben Hodges, commandant des forces terrestres de l'Otan, selon des déclarations de son service de presse. L'expert militaire indépendant Pavel Felguenhauer estime pour sa part que le Kremlin étudie tous les scénarios, y compris celui d'une détérioration de la crise en Ukraine où les États-Unis et les Occidentaux « interféreront » militairement, poussant la Russie à se préparer à une confrontation nucléaire.
Dans ce scénario catastrophe qui a tout de la fiction, la Flotte du Nord de la marine russe devrait empêcher les sous-marins américains et britanniques d'approcher de la mer de Barents où se trouvent les sous-marins d'attaque nucléaire russes. L'armée russe « occuperait le nord de la Norvège et l'Islande pour empêcher les États-Unis d'envoyer des renforts en Europe au moment où des troupes russes occuperaient les pays baltes ».
(Source : AFP)


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