Mario Frangoulis sur la scène du Bustan.
Le thème du Festival al-Bustan étant cette année l'inspiration, Mario Frangoulis a rendu hommage à Mikis Theodorakis, le compositeur nonagénaire qui continue, dit-il, à travailler et à inspirer les nouvelles générations.
Qui est Mario Frangoulis qui a charmé l'audience d'al-Bustan par sa tenue sobre de ténor sans succomber à aucun moment au côté populaire de la mélodie grecque ?
D'origine zimbabwéenne, le jeune Frangoulis déménage en Grèce à quatre ans et découvre son talent pour la musique à l'âge de huit ans. Il commence par jouer à quinze ans dans Cabaret et, à seize, tient le rôle de Tony dans West Side Story.
En 1984, il obtient son diplôme pour ses cours de violon à l'Athens Conservatorium avant de déménager à Londres où il suit des cours d'acteur à la Guildhall School of Music and Drama. Se succèdent alors des rôles comme Puck dans Le songe d'une nuit d'été ou Marius dans la production Les Misérables au Palace Theatre avant de rencontrer le célèbre ténor Alfredo Kraus, duquel il devient l'élève particulier. Sa carrière internationale est lancée.
Hier soir, entouré de Thomas Kontogeorgis au piano, Nicos Katzikis au bouzouki, Dino Hatziordanou à la guitare, Orestis Kalambalikis à la basse, Alexis Costa aux percussions et d'Alexandros Trambas au tambour, le destin de Frangoulis a croisé celui du grand Mikis Theodorakis. Celui qui s'est opposé au régime de la junte, qui a mis en musique les poèmes, notamment ceux de Pablo Neruda ; celui qui a composé également les bandes originales de films comme Zorba, Serpico ou Phèdre. De sa voix magnifique, Frangoulis est parvenu à mêler les chants militants au romantisme avec grâce et élégance, faisant lever par moments les spectateurs pour des pas de sirtaki, surtout à la finale tant attendue avec Zorba le Grec.

