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Le géant américain General Motors est devenu hier le premier poids lourds de l'industrie automobile à jeter l'éponge en Russie, d'où il va retirer sa marque Opel et cesser toute production propre face à l'effondrement du marché. L'annonce du groupe de Detroit, un an jour pour jour après l'annexion formelle de la Crimée par la Russie, illustre les effets de la récession qui s'amorce probablement dans le pays, isolé par la crise ukrainienne et plombé financièrement par la chute des cours du pétrole.
Après s'être contenté comme ses concurrents de réduire ses effectifs et de décréter des périodes de chômage technique, GM est finalement passé aux mesures drastiques. « GM va se concentrer sur le segment premium du marché russe », précise un communiqué, en l'occurrence les marques Cadillac et une poignée d'« icônes américaines » de Chevrolet, notamment la Corvette. Quant aux véhicules de sa filiale européenne Opel, ils auront disparu des concessionnaires d'ici au mois de décembre.
Conséquence de cette nouvelle stratégie, le constructeur va mettre à l'arrêt d'ici à la mi-2015 son usine de Saint-Pétersbourg (Nord-Ouest), qui emploie un millier de personnes. Il va mettre fin à son contrat pour produire sur les lignes du constructeur russe GAZ à Nijni-Novgorod, à l'est de Moscou. Le groupe américain n'assemblera donc plus de véhicules en propre en Russie, la production étant désormais limitée à sa société commune avec le russe Avtovaz pour sa Chevrolet Niva, héritier du robuste tout-terrain Lada Niva de l'époque soviétique.
Sa décision « n'était pas vraiment attendue mais semble logique : le marché baisse fortement et s'il rebondit, cela se fera lentement », juge Vladimir Bespalov, analyste de la banque VTB Capital. « Dans tous les cas, la concurrence sera très forte dans les années à venir surtout dans les segments de masse » où GM est très présent. « Certains petits acteurs du marché décideront peut être aussi de partir mais il n'y aura probablement pas de départ aussi important que GM », avance l'expert.
Le marché russe, à un niveau record en 2012, subit une déroute avec l'effondrement du rouble qui plombe le pouvoir d'achat et entraîne de fortes hausses de prix. GM a ainsi vendu trois quart de voitures en moins en janvier et février qu'un an plus tôt, souffrant bien plus que le marché dans son ensemble (-32 %).
(Source : AFP)


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