La Turquie a officiellement lancé mardi près de Kars (Est) la construction du gazoduc transanatolien (Tanap), un projet de 10 milliards d'euros qui doit permettre à terme d'acheminer le gaz azerbaïdjanais vers l'Union européenne (UE). Le projet Tanap, qui doit être opérationnel à partir de 2018, doit relier sur 1 850 km la frontière géorgienne de la Turquie à sa frontière grecque en traversant toute l'Anatolie.
Connecté à l'est au pipeline déjà existant du Caucase Sud (SCP) et à l'ouest au projet de pipeline transadriatique (Tap) à travers la Grèce, l'Albanie et l'Italie, il doit constituer le corridor sud, qui vise à transporter le gaz naturel du gisement azerbaïdjanais géant de Shad Deniz, sur la Caspienne, jusqu'au cœur de l'Europe. « Le pétrole et le gaz naturel sont malheureusement liés dans le monde aux conflits, aux querelles, aux combats, aux guerres et à l'exploitation. Je pense que ce projet sera associé dans nos souvenirs à la paix et au bien-être », a déclaré le président turc Erdogan. « Une fois en service, (ce projet) créera un lien très fort entre l'Europe et la région de la mer Caspienne », s'est-il réjoui lors d'un discours télévisé.
D'un coût affiché de 10 milliards de dollars, selon M. Erdogan, le futur gazoduc affiche une capacité initiale de 16 milliards de mètres cubes de gaz par an, qui doit être portée à 23 milliards en 2023 puis 31 milliards en 2026. La société en charge de sa construction et de son exploitation est détenue à 58 % par la compagnie nationale azerbaïdjanaise d'énergie Socar, à 30 % par l'entreprise nationale turque Botas et à 12 % par le géant pétrolier britannique BP.
« Importance vitale »
Soutenu depuis des années par Bruxelles, il permettrait à terme, selon la Commission, de satisfaire 20 % des besoins en gaz de l'UE, qui souhaite réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du gaz russe. « Tanap revêt une importance vitale pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique de l'UE et de la Turquie, ainsi que pour la réalisation du projet dit de "corridor sud" », ont déclaré Bruxelles et Ankara dans un communiqué publié à Kars. « Le développement (du gisement) Shad Deniz 2 dépend de la construction d'une liaison entre la mer Caspienne et l'Italie. Tanap en est une partie importante », a souligné Laurent Ruseckas, spécialiste du dossier à la société d'analyses IHS Energy.
(Source : AFP)

