Aucune envie de partager des potins, aujourd'hui, mais plutôt un coup de griffe.
Comme le laborantin qui dissèque un insecte ou une bactérie rarissime, on n'arrête plus de décortiquer la femme. Foutez-lui la paix. Qu'elle soit Lolita, sérieuse, dragueuse, explosive, coincée, trash ou théâtrale, la femme est aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, sur une trajectoire socio-économique ascendante : elle s'approprie des entreprises et s'épanouit dans les institutions privées ou publiques... Patiemment, très patiemment, comme elle seule sait le faire, elle cingle vers la parité. L'égalité.
Il faudrait plutôt parler des hommes. Pas de tous les hommes, non. Ce serait long et fastidieux. Mais parler de ceux qu'on ne pourrait jamais oublier, ceux qui nous ont étonnées, emballées, secouées. Les décideurs, les prétendues têtes chercheuses. Les gros, les costauds, les riches, les qui-pensent, les qui-suent, les pontifiants, ces Atlas qui portent le monde. Ceux qui sont imbattables. Mais aussi incollables : leur mandat est prorogé de 17 mois.
Qui aime, qui peut aimer ces hommes qui, depuis des siècles, promettent égalité, paix, développement, démocratie ? Pas moi. Ces hommes vendent des idées et des conseils à la tractopelle. En permanence, ils imaginent l'avenir en élaborant des stratégies, en énumérant leurs projets avec gourmandise, pendant que les Libanais(es) s'arrachent les cheveux : proscrire le mariage civil ; renforcer le système politico-confessionnel ; pénaliser l'homosexualité et légiférer, en s'enflammant, sur le « viol conjugal » car au sein de la cellule familiale, il faut respecter les droits de l'homme sur la femme. Ce sont, selon eux, les traditions patriarcales, avec, cerise sur le gâteau, ce fameux article 522 du code pénal qui stipule que toute peine promulguée à l'encontre d'un violeur sera annulée si ce dernier épouse sa victime ! Ils l'adorent, cet article 522... Quelle arrogance !
Qui aime, qui peut aimer ces hommes qui croient séduire à chaque campagne électorale en promettant l'assèchement des rivières, le gaspillage des eaux de pluie et les pannes d'électricité ad vitam, du moins aussi longtemps qu'ils trôneront sur leur strapontin ? Pas moi. Qui peut aimer ces hommes fidèles, qui ne changent pas d'un iota et que l'on rencontre dans les rues encombrées, au cœur d'un convoi qui déboule avec 4x4, armes et bagages ? Pas moi. Surtout quand ce zaïm est pressé, quand il exige la priorité, comme si le temps d'autrui ne comptait pas. Un tel homme croit mériter l'estime de ses concitoyens ? Quelle blague !
Qui aime, qui peut aimer ces urbanistes-architectes, ces rois de l'acier et du béton qui élaborent des structures verticales donnant sur d'autres structures encore plus verticales, sans perspective, sans jardins, sans horizon. Pas moi. À coups de plans douteux, ils polluent les rivières, assèchent les fleuves et bétonnent la mer. Ils hurlent ensuite au loup, à l'apocalypse, à l'assassinat de la nature...
Qui aime, qui peut aimer ces hommes dont l'argent pourrit la bourse et qui éprouvent constamment le besoin de geindre : « Les charges, les taxes, les impôts... Vais-je tenir ? » Pas moi. Ces hommes qui errent alors de bar en bar, de boîte en boîte, de femme en femme. S'en vont aux Antilles. Ou dans les bas-fonds du Lexotanil.
L'homme est pourtant attendrissant. Même marié, il reste seul, abandonné, sur une planète de plus en plus sauvage. Il naît, court, se dépêche de vivre, tente d'être heureux, souffre et meurt. Entre-temps, il se marie, a des enfants. Prend des photos en couleurs pour immortaliser l'éphémère. Comme c'est émouvant de le voir sourire sur les clichés. Dans ses bras, il tient un bébé tout rose. Dans sa main, il serre celle de son épouse. Est-ce pour l'empêcher de partir ou seulement pour se rassurer ? Non, c'est une fausse alerte. Il n'est pas si modeste.
Qui aime, qui peut aimer ces hommes ? Pas moi ? Si. Bien sûr que si. Moi, et toutes les femmes. Ou presque.


Tres bel article, mais pour mettre les choses au point, lorsqu'il s'agit d'actions politiques, sociales ou de pouvoir, les hommes comme les femmes se valent chère amie. Elles sont aussi vindicatives, agressives, méchantes, bêtes et sauvages. Elles feront les mêmes bêtises économiques, politiques ou sociales, elles se comporteront identiquement envers n'importe quelle situation et seront aussi exécrables et maladroites que les hommes. Elles se prétendent du sexe dit faible et se comportent en conquérantes, a la maison, au bureau, dans la rue, etc... et la ou elle le pourra... tout comme l'homme. Et pourtant, nous les hommes, les aimons et ne pouvons vivre sans!!! Pas vrai?
12 h 32, le 10 mars 2015