Georges Papaconstantinou est renvoyé devant une Cour spéciale de justice destinée à juger les infractions imputées à des ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Photo archives/Reuters
Le procès de l'ancien ministre socialiste grec des Finances Georges Papaconstantinou, accusé d'avoir dissimulé le nom de membres de sa famille apparaissant sur une liste de présumés coupables d'évasion fiscale, s'est ouvert hier devant un tribunal spécial à Athènes, a rapporté l'AFP.
L'ex-ministre est accusé d'avoir falsifié, en retirant les noms de membres de sa famille, un document contenant la liste d'environ 2 000 Grecs détenant des comptes auprès de la filiale suisse de la banque HSBC et présumés coupables d'évasion fiscale.
Issue des informations de l'ex-informaticien franco-italien de HSBC Hervé Falciani, cette liste est connue en Grèce sous le nom de « liste Lagarde », car elle avait été fournie au gouvernement grec par l'actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre de l'Économie et des Finances en France.
À l'ouverture de l'audience, M. Papaconstantinou a plaidé non coupable. Il encourt entre huit ans de prison et la perpétuité pour le crime de falsification de documents.
Mais les juges de la Cour suprême grecque, qui ont décidé de son renvoi devant la justice en novembre, avaient écarté l'hypothèse d'une volonté d'enrichissement personnel, estimant que c'est la peur des conséquences politiques de la publication de la liste qui avait poussé le ministre à soustraire les noms.
En poste lors du début de la crise de la dette, Georges Papaconstantinou, âgé de 53 ans, ministre du gouvernement socialiste de Georges Papandréou d'octobre 2009 à juin 2011, est renvoyé pour les crimes de tentative d'abus de confiance et falsification de documents publics pour avoir effacé trois noms de ses proches de la « liste Lagarde ».
Le renvoi de M. Papaconstantinou devant une cour spéciale de justice destinée à juger les infractions imputées à des ministres dans l'exercice de leurs fonctions a été décidé en novembre à la suite de la décision rendue par les juges de la Cour suprême grecque.
Cette affaire avait secoué le pays en pleine tourmente financière, mais le procès ne fait plus les gros titres de la presse désormais plutôt centrée sur les négociations entre le nouveau gouvernement de gauche Syriza et ses partenaires de la zone euro.
M. Papaconstantinou est le Premier ministre à être jugé devant une Cour spéciale depuis la fin des années 80, quand l'ancien Premier ministre Andréas Papandréou, père de Georges, et des ministres de son gouvernement de l'époque avaient été jugés dans le cadre d'un grand scandale politico-financier.
(Source : AFP)

