Sissi adopte une nouvelle loi antiterroriste
L'Égypte a adopté hier une nouvelle loi antiterroriste renforçant le pouvoir des autorités pour agir contre toute organisation ou tout individu soupçonné de représenter une menace pour la sécurité nationale. Le décret présidentiel, publié hier dans le Journal officiel et ayant force de loi en l'absence de Parlement, définit comme « terroriste » « toute organisation ou tout rassemblement qui sème la terreur parmi les individus, ou met en danger leur vie, leurs libertés et leurs droits » ou « qui porte atteinte à l'unité nationale, à la paix sociale ou à la sécurité nationale ». Le texte déclare également « terroriste » toute organisation « qui entrave ou met en danger les transports publics ou privés » ou « empêche les institutions de l'État ou les pouvoirs public d'exercer leurs fonctions ». Selon la nouvelle loi, les « terroristes » sont frappés d'une interdiction de quitter le territoire, leur passeport leur est retiré et leurs avoirs gelés.
Pour Le Caire, une solution politique n'élimine pas la menace jihadiste en Libye
L'Égypte a estimé hier qu'un accord politique entre les factions rivales en Libye ne va pas éliminer la menace jihadiste, après son échec à mobiliser des puissances occidentales réticentes à une intervention militaire internationale dans ce pays. « L'approche de plusieurs pays qui imaginent qu'un accord entre les politiciens va faire disparaître le terrorisme est étonnante », a indiqué le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri dans une conférence de presse. « Le peuple libyen ne mérite-t-il pas un soutien similaire aux mesures adoptées par la coalition » en Irak et en Syrie ? s'est-il interrogé, réitérant cependant que son pays soutenait aussi une solution politique en Libye. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Badr Abdelatti a également regretté la politique des deux poids, deux mesures : « Vous intervenez sérieusement contre une organisation à un endroit, mais vous l'ignorez totalement à un autre. »
Sommet annuel de la Ligue arabe les 28-29 mars
La Ligue arabe a annoncé hier que son sommet annuel se tiendrait les 28 et 29 mars en Égypte, une réunion qui sera dominée par la sécurité nationale des pays membres de l'organisation panarabe. « Le principal sujet de discussion du sommet sera comment préserver la sécurité nationale des pays arabes », a indiqué le secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi à des journalistes au siège de l'organisation au Caire. La réunion devrait notamment examiner la menace posée par l'État islamique (EI) qui sévit en Irak et en Syrie, ainsi que la crise en Libye et au Yémen, selon des responsables arabes. M. Arabi a rencontré hier le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour discuter de cette réunion, prévue dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. Avant le sommet, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue doivent tenir deux réunions préparatoires, la première au Caire le 9 mars et la seconde le 26 mars à Charm el-Cheikh, selon la Ligue.


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