Les affrontements à proximité de Marioupol suscitent l’inquiétude. Anatoli Stepanov/AFP
À l'issue d'une réunion de trois heures organisée par Laurent Fabius, les ministres des Affaires étrangères français, allemand, russe et ukrainien ont, dans une déclaration commune, appelé à « la mise en œuvre stricte de toutes les dispositions des accords de Minsk, à commencer par un total cessez-le-feu et un retrait complet des armes lourdes ». Peu avant, un diplomate ukrainien haut placé avait confié à l'AFP : « Les Russes ne voulaient pas de cette rencontre, mais pour nous il est important de maintenir la pression politique de l'Occident sur Moscou. » Selon lui, « aucun document ne devrait être signé à Paris ». Il a en effet rappelé qu'il y'a « déjà assez d'accords signés. L'essentiel est que la Russie les respecte ». Cette rencontre visait à calmer les tensions après une nuit marquée par des violences.
« Marioupol n'est pas Debaltseve »
De fait, de nouveaux affrontements avaient eu lieu, hier, à Chyrokine, à une quinzaine de kilomètres du port stratégique de Marioupol. « Un combat avec des armes légères y a eu lieu dans la nuit », a indiqué à l'AFP un porte-parole militaire, Dmytro Tchaly. Dans la matinée, « les rebelles ont tiré sur nos positions avec des mortiers ». Beaucoup craignent que cette zone sur les bords de la mer d'Azov ne devienne la prochaine cible des séparatistes. Un expert militaire russe, Pavel Felgenhauer, a toutefois jugé que dans l'immédiat une offensive sur Marioupol était peu probable. Selon lui, « c'est une grande ville et pour la prendre les forces rebelles ne suffiront pas. Il faut des troupes régulières russes en grande quantité et le recours à l'aviation pour une victoire rapide ». « Ce n'est pas Debaltseve. En cas d'offensive, le nombre de morts sera bien plus important », a-t-il déclaré à l'AFP, avant de conclure que prendre Marioupol relevait d'une décision politique que la Russie ne prendrait pas pour l'instant. Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a rappelé qu'une attaque contre Marioupol « changerait évidemment complètement la base (des accords) de Minsk. On serait devant une nouvelle situation ». De son côté, le président russe Vladimir Poutine avait exclu lundi un « scénario d'apocalypse » pour l'Ukraine. « Personne n'a besoin d'un conflit, a fortiori armé, à la périphérie de l'Europe », avait-il estimé.


Faites gaffe les Poutinienz-ébaubiz-et Nains, ça s’enflamme à only DEUX heures de vol de Moscou !
08 h 34, le 26 février 2015