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Lifestyle - La Mode

Une semaine new-yorkaise marquée par la diversité

La fashion week de New York, connue pour être la plus dense et la plus démocratique des semaines internationales de la mode, s'est achevée jeudi dernier 19 février au bout de huit jours qualifiés de marathon. Elle a aussitôt cédé la place à la semaine londonienne qui a démarré dès le lendemain. Voici un aperçu de quelques défilés parmi les plus courus sous le blizzard de Manhattan.

Jason Wu, New York, automne-hiver.

Altuzarra, néoromantique
Le jeune créateur français Joseph Altuzarra, l'un des premiers à ouvrir la ronde, le 14 février au soir, a frappé fort avec une collection au parfum vintage, inspirée selon lui des « Swans de Truman Capote, avec un petit clin d'œil au dandy du XIXe siècle ». Ce petit côté collet monté, très féminin par ailleurs, se traduisait par des jupes longues mais fluides, des chemises ouvertes à la corsaire, des bottes lacées jusqu'aux genoux et beaucoup d'ouvertures et de fentes au niveau du décolleté et des cuisses. Imprimés et textures n'étaient pas en reste, entre sequins à la tibétaine, fourrures pastel et vestes ¾ en pied-de-poule caramel.

 

Lacoste, la nouvelle vie de la rayure
Chez Lacoste, le directeur artistique Felipe Olivera Baptista s'est offert une plongée en apnée dans les archives de la maison, récompensée par une pêche miraculeuse dont il résulte une fête de contrastes où se mélangent époques et matières, joggings et manteaux en cachemire, robes près du corps ou au contraire fluides et flottantes. Pour la maison qui a inventé la « rayure tennis », quoi de plus naturel qu'un retour en force de la bayadère ? L'idée maîtresse de cette collection tourne autour du « tennis d'hiver », et pour le côté « fun », Baptista s'inspire de la dysfonctionnelle Famille Tenenbaum de Wes Anderson dont l'un des rejetons est justement champion de tennis.

 

Alexander Wang fait des p'tits clous
Du noir, de l'acier, des clous, de toute la fashion week new-yorkaise, on ne verra pas plus heavy metal, grunge et gothique que la collection imaginée par Alexander Wang. Applaudi avec enthousiasme par Anna Wintour (la fée sa marraine) assise au premier rang, ce génie précoce qui a aujourd'hui 31 ans a également fait la joie de Kanye West venu avec Kim Kardashian et leur petite North. Festival de clous donc, qui envahissaient jusqu'aux cols roulés, le bas des pantalons et les manches des robes. Des bottines de cuir noir à plate-forme (également cloutées) terminaient des tenues très zippées où l'écossais et le lamé apportaient une touche de couleur dans la noirceur dominante.

 

DVF, bossy mais sexy
Dimanche, c'est Diane Von Furstenberg (DVF) qui la jouait boudoir dans le même loft de Soho où elle donne ses défilés depuis plusieurs années. Noir et blanc sobre, rigoureux et chic le matin, rouge et dentelles le soir, la femme DVF dirige son monde de jour comme de nuit, entre autorité dans la sphère professionnelle et séduction dans la sphère privée. De quoi enflammer beaucoup de fantasmes, même avec l'éternelle robe portefeuille qui a fait la célébrité de la créatrice, déclinée encore et encore en plusieurs versions.

 

Calvin Klein et Jason Wu sous le charme de Deneuve
Chez le très preppy Calvin Klein, le directeur artistique Francisco Costa a cédé à la mouvance néo-seventies en s'inspirant d'un livre de photos polaroid des années 60 et 70. À travers sa débauche de manteaux et robes en patchwork de cuir qui s'incruste même dans la tendresse d'un cachemire, une silhouette s'impose : « Vous pensez à Catherine Deneuve à cette époque, a-t-il déclaré, c'est ce type de femme, mais ici elle se mêle à l'esprit de New York, sophistiquée, cool, chic et belle. »
Autre vision de Deneuve chez Jason Wu dont le défilé était des plus attendus. Beaucoup de fourrure en vaste étoles sur une robe sans manches ou un grand manteau de laine, de fines ceintures et des cols démesurés, le créateur canadien d'origine taïwanaise avait placé sa collection sous le signe de « la séduction et de la force ». « Il y a une impression très Catherine Deneuve dans cette collection », a affirmé Jason Wu, 31 ans, qui avait été lancé par Michelle Obama lors du bal inaugural de la Maison-Blanche en 2009.

 

Vera Wang au décrochez-moi ça, mais avec style
Minimaliste et sportive, la collection de Vera Wang exploitait à fond l'esprit tomboy en jouant avec les proportions. Sa nouvelle ligne, dictée par la recherche de confort, s'inspire des femmes telles qu'elles s'habillent aujourd'hui. Les mélanges viennent naturellement, entre une petite robe en dentelle et un blazer croisé ou des costumes et chemises empruntés au vestiaire masculin.

 

Marc Jacobs chez Brueghel
Prodige d'ubiquité, Marc Jacobs, qui avait par ailleurs galvanisé la maison Louis Vuitton par des collaborations historiques avec de grands artistes contemporains, présentait à la fashion week de New York deux collections, l'une pour le label Marc Jacobs et l'autre pour la marque petite sœur Marc by Marc Jacobs. Pour cette dernière, il a joué la carte rebelle avec un grand splash de couleurs, des bérets cloutés, du tissu camouflage et du tartan cher à la mouvance punk. La collection de la marque mère était, elle, somptueuse, sous le thème d'un « jardin en enfer ». Dernier à défiler le jeudi 19 au soir, le styliste américain de 51 ans avait fait défiler des mannequins coiffés d'un petit chignon boule à l'avant de la tête, maquillage dramatique, démarche mécanique. Dans l'ancienne armurerie de Park Avenue, le décor s'inspirait du salon de Diana Vreeland, l'une des premières papesses de la mode. Au son de Requiem for a dream, devant un parterre de stars quasi exhaustif, les modèles mélangeaient avec opulence esprit gothique et glamour, vinyle et broderies.
En huit jours, la semaine new-yorkaise de la mode automne hiver 2015-2016 a été le théâtre de quelque 350 présentations en différents endroits de la ville, par des températures glaciales.

 

 

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