M. Rifkind (à gauche) et J. Straw, mis en cause, ont nié un comportement inapproprié. Photo AFP
Deux députés et anciens membres du gouvernement britannique ont été accusés par le quotidien The Daily Telegraph et la chaîne de télévision Channel 4 d'avoir proposé, moyennant rétribution, d'user de leur influence pour favoriser une entreprise privée. Ces allégations, qui interviennent quelques mois avant les élections législatives du 7 mai, visent un parlementaire du Parti conservateur Malcolm Rifkind et un autre parlementaire du Labour (principal parti d'opposition), Jack Straw. Selon des journalistes qui se sont fait passer pour des hommes d'affaires représentant une entreprise chinoise, M. Straw a offert d'user de son influence contre une rétribution de 5 000 livres (6 800 euros) par jour. M. Rifkind a pour sa part proposé de permettre un « accès utile » à tout ambassadeur britannique dans le monde, selon ces reporters qui étaient équipés d'une caméra cachée.
Arguments douteux
Interviewé par la radio BBC 4 hier, M. Rifkind, qui préside la commission parlementaire chargée de la Sécurité, a nié avoir commis tout méfait, affirmant que de telles activités sont jugées « acceptables » par le Parlement. En effet, le Parlement autorise les députés à avoir des activités professionnelles privées, à condition, notamment, de les déclarer et de ne pas utiliser les ressources parlementaires pour les mener à bien. M. Rifkind a joué la carte de la transparence en affirmant que tous les auditeurs « peuvent aller sur l'Internet consulter le registre des activités privées des députés. Ils peuvent voir chaque centime que je gagne, combien de temps il me faut pour gagner cet argent et ce que je fais en échange ». M. Rifkind a toutefois été exclu du groupe parlementaire conservateur en attendant la tenue d'une commission disciplinaire au sein du parti. De son côté, M. Straw avait annoncé dès dimanche soir, quand l'enquête journaliste a été publiée, qu'il s'excluait de lui-même du groupe parlementaire travailliste. Ce dernier a insisté sur le fait qu'il aurait clairement expliqué à ses interlocuteurs qu'il ne travaillerait pour l'entreprise qu'après avoir abandonné son mandat de député après les élections de mai. Les deux hommes ont été par ailleurs renvoyés devant le commissaire chargé de veiller au respect des règles parlementaires.
(Source : AFP)

