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Liban

Le syndicat des hôpitaux joue les médiateurs entre le ministère de la Santé et l’HDF

L’Hôtel-Dieu de France, l’un des plus grands hôpitaux universitaires du pays. Archives AFP

Samedi dernier, le ministère de la Santé a rompu le contrat qui le liait à l'Hôtel-Dieu de France. Le ministre Waël Bou Faour reproche à l'hôpital universitaire d'avoir refusé de recevoir une patiente munie de sa carte d'handicapée. Mais l'institution se défend et dénonce une campagne calomnieuse.
Une médiation est en cours dans cette affaire. Le président du syndicat des hôpitaux, le docteur Sleiman Haroun, a affirmé qu'il effectue cette médiation afin de « dissiper le malentendu qui oppose le ministre Bou Faour à la direction de l'HDF ». « La direction de l'institution devra fixer au plus tôt la date de l'intervention chirurgicale de la patiente concernée, même si cette date n'est pas immédiate, le cas n'étant pas urgent », a souligné le Dr Haroun.
« C'est ce malentendu entre le ministre Bou Faour et la direction de l'hôpital » qui a poussé le ministre « à parler d'atermoiements », a expliqué le médiateur. Et de préciser que, selon l'HDF, « la chambre qui aurait pu héberger la patiente était en travaux, de même qu'une aile de l'hôpital. Ce qui a provoqué le retard dans l'admission de la malade ».

La polémique
La polémique avait grandi au début du week-end entre le ministère de la Santé et l'HDF depuis la décision du ministre, Waël Bou Faour, de rompre le contrat avec l'hôpital. Le ministre reprochait à l'hôpital d'avoir violé les clauses du contrat en refusant de recevoir une patiente munie de sa carte d'handicapée.
L'établissement avait alors réagi et dénoncé dans un communiqué « une campagne calomnieuse ». Il a aussi invité « le ministre de la Santé à se mettre en contact avec le directeur de l'hôpital pour mettre au clair les points litigieux » et éviter tout malentendu. L'institution a rappelé son rôle auprès des malades et assuré que « ses portes sont ouvertes aux patients pris en charge par le ministère ».
Commentant le cas de la patiente mentionnée par le ministère de la Santé, traitée aux frais du ministère, l'hôpital a expliqué, tout en préservant l'anonymat de cette dernière, qu'elle s'est présentée à la clinique du chirurgien spécialiste au sein de l'établissement. Lors du diagnostic, le chirurgien a estimé que son cas « nécessite une opération chirurgicale non urgente, qui peut donc être reportée ». L'hôpital a ajouté que « les soins postopératoires nécessitent l'hospitalisation de la malade pour une durée d'un mois ». « Toute intervention chirurgicale de ce genre suppose une préparation et une coopération préalables entre le chirurgien et la direction de l'hôpital pour tout ce qui relève de la logistique », a poursuivi l'institution. Le médecin a donc donné « les informations nécessaires à la patiente et sa famille, et les a rassurées sur son état qui ne nécessite aucune intervention urgente ». Le chirurgien leur a par la suite indiqué qu'elles « seront informées de la date de l'opération ». Selon l'institution, la patiente ne s'est plus présentée à l'hôpital ni même au cabinet du chirurgien.

La réponse du ministère de la Santé
Les explications de l'HDF n'ont visiblement pas convaincu le ministère de la Santé qui a publié dimanche un communiqué rapportant une autre version des faits. « Le 10 février, la patiente Laurice Khalil, munie d'une carte d'handicapée, s'est présentée chez l'orthopédiste Khalil Kharrat à l'HDF. Elle souffrait d'inflammations aiguës à la jambe après une chute du 5e étage de son immeuble à Hadeth, le 16 mai 2013 », explique le texte du ministère. Une intervention chirurgicale urgente a été décidée par le Dr Kharrat, après concertation avec un autre médecin, Gabriel Saliba, poursuit le texte. Il a également été recommandé que la malade soit hospitalisée pour une durée de un à deux mois après l'opération.
À la demande du chirurgien, la patiente s'est adressée au service d'admission de l'hôpital pour finaliser son dossier, poursuit le ministère. On lui a répondu que son dossier sera étudié et qu'elle sera contactée ultérieurement. « Sauf que la réponse de l'hôpital n'est jamais arrivée », assure le ministère de la Santé.
Le président du Centre catholique d'information, le père Abdo Abou Kassam, qui suit de près le cas de Laurice Khalil depuis deux ans, est alors intervenu auprès du ministre Bou Faour qui a chargé un responsable du ministère, Joseph Hélou, de suivre le dossier avec la direction de l'hôpital universitaire, précise le communiqué.
« Malgré l'insistance de M. Hélou et l'assurance que le ministère de la Santé prendra en charge les frais de l'opération, la direction de l'HDF lui a opposé un refus en raison du coût élevé de l'intervention », note-t-il encore. Vendredi dernier, toujours selon le communiqué du ministère, M. Hélou a rendu visite au directeur de l'hôpital, Samy Rizk, qui a maintenu son refus.
« Partant de là, le ministre Bou Faour a décidé de rompre le contrat avec l'HDF, ce contrat interdisant la sélection des patients », souligne le communiqué. Une décision applaudie notamment par l'Association des droits de la personne handicapée. « La décision du ministre de la Santé est juste, et il faut que certains hôpitaux cessent d'humilier les citoyens », a estimé le ministère dans son texte, précisant qu'il « n'hésitera pas à prendre une décision similaire vis-à-vis de tout hôpital qui agit de la même manière ». « Un État qui ne peut convaincre un hôpital de traiter un citoyen pauvre aux frais du ministère n'est pas digne d'assumer son rôle, a conclu le ministère. Nous ne permettrons pas l'humiliation des gens et l'affaiblissement de l'État qui reste plus fort que tous. »

Samedi dernier, le ministère de la Santé a rompu le contrat qui le liait à l'Hôtel-Dieu de France. Le ministre Waël Bou Faour reproche à l'hôpital universitaire d'avoir refusé de recevoir une patiente munie de sa carte d'handicapée. Mais l'institution se défend et dénonce une campagne calomnieuse.Une médiation est en cours dans cette affaire. Le président du syndicat des hôpitaux, le docteur Sleiman Haroun, a affirmé qu'il effectue cette médiation afin de « dissiper le malentendu qui oppose le ministre Bou Faour à la direction de l'HDF ». « La direction de l'institution devra fixer au plus tôt la date de l'intervention chirurgicale de la patiente concernée, même si cette date n'est pas immédiate, le cas n'étant pas urgent », a souligné le Dr Haroun.« C'est ce malentendu entre le ministre Bou Faour et la...
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