Les rebelles prorusses ont annoncé hier vouloir échanger leurs prisonniers avec ceux détenus par Kiev, plus de cent soldats ukrainiens ayant été capturés pendant la débâcle de Debaltseve. « Un échange de prisonniers avec l'Ukraine aura lieu (aujourd'hui) », a déclaré hier une représentante rebelle pour les droits de l'homme, Daria Morozova, à l'agence de presse russe Interfax. Kiev n'a pas confirmé cet échange, qui fait partie de la série de mesures agréées lors des accords de « Minsk 2 » signés le 12 février, mais les séparatistes affirment ainsi être en faveur du strict respect de ces accords alors qu'ils ont violé à plusieurs reprises le cessez-le-feu entré en vigueur le 15 février. La trêve a ainsi été « bafouée » par les rebelles « plus de 250 fois », a accusé Washington.
Gaz russe dans l'Est
Dans ce contexte, Kiev « doit payer » pour le gaz que le groupe russe Gazprom a commencé à livrer aux territoires de l'Est séparatiste de l'Ukraine, a annoncé hier le Premier ministre russe Dmitri Medvedev alors que la compagnie nationale ukrainienne Naftogaz a prévenu qu'elle refuserait de payer. Le Premier ministre a averti que les « partenaires ukrainiens doivent payer pour tout ça, ou sinon, nous devrons, comme d'habitude, prendre une décision difficile », selon un communiqué disponible sur son site officiel. M. Medvedev précise que l'avance faite par l'Ukraine « n'est pas suffisante pour poursuivre les livraisons de gaz pour une longue période. Si leur volume d'aujourd'hui se maintient au cours des jours prochains, alors l'avance sera littéralement épuisée dans quelques jours, dans trois-quatre jours. » La Russie « va continuer à livrer du gaz », a-t-il ajouté, estimant que les volumes livrés aux républiques séparatistes de l'Est de l'Ukraine le sont « à des fins humanitaires ».
Paris, Berlin et Minsk 2
Sur le plan diplomatique, François Hollande et Angela Merkel ont réaffirmé hier leur volonté de voir les accords de Minsk appliqués intégralement. Le président français, qui rencontrait à Paris la chancelière allemande, s'est dit convaincu que « tous les accords de Minsk » devaient s'appliquer et que les cessez-le-feu devaient être « intégralement respectés sur l'ensemble de la ligne de front », trois jours après l'abandon précipité de ce verrou stratégique de l'Est séparatiste par l'armée ukrainienne. Mme Merkel a ajouté que l'objectif était maintenant que les engagements de Minsk soient « mis en œuvre et traduits dans la pratique », de façon à ce que « le bain de sang ne se poursuive pas ». Les chefs de la diplomatie français, allemand, russe et ukrainien se rencontreront mardi à Paris pour discuter du conflit dans l'Est de l'Ukraine, a annoncé de son côté le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Gaz russe...


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