Thibaut Courtois, le gardien de Chelsea, est le digne descendant de Michel Preud’homme et Jean-Marie Pfaff. L’immense portier belge (1,97 m) est âgé de 22 ans. Miguel Medina/AFP
Thibaut Courtois, le gardien de Chelsea, titillé par José Mourinho avant le 8e de finale aller de Ligue des champions contre le Paris SG, s'est montré mardi un invité particulièrement malpoli, en repoussant quasiment toutes les occasions de son hôte. « Si le foot était un jeu qui se joue à neuf plus deux gardiens, personne n'aurait la moindre chance contre nous », a réagi son entraîneur portugais, qui peut en effet compter sur deux fantastiques gardiens avec le titulaire Courtois et le remplaçant tchèque Petr Cech. « Ils sont phénoménaux tous les deux et Courtois l'a encore été, en faisant 2 à 3 arrêts décisifs », a ajouté Mourinho.
Dominés au Parc des Princes, les Blues s'en sont remis à leur immense portier belge (1,97 m) de 22 ans, dont la multiplication des parades place son équipe en situation avantageuse avant le match retour. Celui-ci a notamment réalisé un double arrêt devant Blaise Matuidi et Zlatan Ibrahimovic à la 11e minute, puis un autre sur une tête d'Edinson Cavani à la 34e, avant de dégoûter le grand Suédois à deux reprises en seconde période (60e, 90e+2). Il n'a juste rien pu faire sur l'égalisation de l'Uruguayen à la reprise.
Le digne descendant de Michel Preud'homme et Jean-Marie Pfaff ayant refusé de s'incliner, son adversaire Laurent Blanc n'a pu éviter de le faire à sa place. « Courtois, malgré sa grande taille, est très rapide dans ses interventions, notamment au sol. Ce soir encore, il fait des arrêts réflexes à une vitesse incroyable », a regretté l'entraîneur parisien. « Leur gardien a fait du superboulot, on ne peut pas lui retirer ça. C'est la classe mondiale, il l'a montré. On va voir comment on peut faire au retour pour le battre », a poursuivi Ibrahimovic, rarement aussi élogieux avec ses adversaires. José Mourinho peut donc se frotter les mains, il a encore une fois réussi son coup.
Concurrence saine
Car Courtois, piqué au vif d'avoir été devancé par Cech lors du match précédent contre Everton (1-0) après un coup de moins bien contre Manchester City (1-1), a réagi avec classe et orgueil. « Il vient de jouer des matches où il a dû rester très concentré. Dans ce cas, il peut y avoir de la fatigue physique, mais aussi nerveuse », avait minaudé le Portugais pour se justifier.
Discret après ses trois ans de prêt à l'Atletico Madrid avec lequel il a atteint la finale de la C1 au printemps, le portier réalise pourtant une très belle première saison à Londres. En janvier, il a quasiment à lui tout seul éliminé Liverpool en deux manches de la Coupe de la Ligue. La concurrence avec Cech se passe bien et le Belge aux 27 sélections profite d'un environnement apaisé pour s'épanouir.
Malheureusement pour lui, le PSG a été victime d'un joueur en état de grâce, alors que son efficacité est un peu moins spectaculaire depuis le changement d'année. En six matches en 2015, il en a ainsi fini un seul match sans encaisser de but. Depuis janvier, il en a même déjà pris neuf, dont cinq contre Tottenham, même si sa responsabilité n'était pas engagée. En 27 matches depuis son arrivée, il ne compte même « que » 11 « clean sheets », contre sept en 13 rencontres pour sa vieillissante et exemplaire doublure tchèque de 32 ans. Il n'y a plus qu'à espérer pour le PSG que le 11 mars, à Stamford Bridge, l'ancien gardien de Genk (défenseur gauche à ses tout débuts) connaîtra un jour « sans » au match retour.
Colin DRONIOU/AFP

