Non, ils ne savent pas ce qu'ils font. Le corps, fatigué par l'âge passé à fomenter, à diriger et à subir des guerres, n'est plus de la première jeunesse. Avec le temps, le physique se dégrade et influe sur le psychisme. Alors, la médecine aidant, ils poursuivent le chemin tout en persistant dans une trajectoire souvent néfaste au pays. Réalisent-ils que c'est le Liban qu'ils crucifient par leur entêtement maladif, leur addiction au pouvoir, leur paranoïa à croire que celui qui n'est pas de leur avis est leur ennemi, leur mégalomanie à vouloir régenter les foules. Leur ego, intraitable, hitlérien et proche de la dictature? « C'est par la voix légale que nous devons entrer au gouvernement avant de le mettre en pièce ... », avait déclaré Adolf Hitler dans une de ses diatribes. La légalité chez certains n'est qu'un subterfuge pour accaparer le pouvoir et vider l'État de sa substance. Le cerveau envahi par le brouillard de l'ambition, ils ne se souviennent pas des chrétiens du Proche-Orient massacrés et de l'exode des peuples. Ont-ils seulement pensé aux larmes des mères, aux pleurs des enfants, aux cris des soldats, à la souffrance des vieillards, au danger du fanatisme à nos frontières?
Seigneur, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. L'esprit absent pour cause d'Alzheimer généralisé, les dirigeants maronites oublient que notre Liban est le seul pays démocratique de la région ; un joyau de convivialité et de coexistence pacifique entre les religions. J'ai honte pour eux qui ne savent pas dépasser leurs dissensions en acceptant l'élection d'un président neutre, qui sera l'unique chef chrétien dans tout le Moyen-Orient. Mais hélas, les leaders, eux, n'ont plus de scrupules, guidés qu'ils sont depuis belle lurette par des agendas farcis d'adresses étrangères et de noms aussi ronflants l'un que l'autre. Ces VIP, comme tous nos dirigeants d'ailleurs et de toutes les communautés sans exception, collectionnent les contacts étrangers comme on collectionne les recettes de cuisine, car ils ne veulent plus du plat national qui réunit le riche et le pauvre. Ils veulent des aides sonnantes et trébuchantes pour gonfler leur portefeuille d'actions, payer leurs voitures et leurs body guards, construire leurs villas et leurs abris. Pardonne-leur car ils ont une pierre à la place du cœur ! Avec le temps, les veines et les vaisseaux se calcifient, cet organe pas assez irrigué s'endurcit. Alors, finis les élans de générosité, les actes désintéressés pour le bien de la patrie qui inondent d'une paix intérieure la conscience du devoir accompli. Mais ont-ils seulement une conscience ?
Seigneur, pardonnez à nos députés car ils ne savent pas ce qu'ils font ! Ballottés par une politique d'intérêts personnels, atteints de suivisme envers des chefs de file qu'ils ne lâchent pas, de crainte de ne plus être inscrits sur leur liste aux prochaines élections. Ce faisant, ils sacrifient le Liban en n'allant pas voter dans l'hémicycle parlementaire, à leurs allégeances et continuent de profiter des prérogatives accordées par l'État. Pardonnez à leur immaturité de reproduire le même cas de figure qu'en 2007, lors de la fin du mandat du président Lahoud, et retarder ainsi l'échéance de l'élection présidentielle. En en faisant une coutume, ils créent un précédent. Or, comme nous le savons déjà, les précédents coutumiers dans notre pays deviennent des références auxquelles ont recours les membres du gouvernement pour favoriser leur politique et contourner la Constitution.
Il est temps de renouveler la classe dirigeante ! La République a besoin de sang neuf. Certains ministres prouvent quotidiennement leur efficacité. Merci de nettoyer les écuries d'Augias, mais il faut remonter au haut de l'échelle, là où réside le vrai problème, la dilapidation, le partage des parts, avec un degré de corruption maintenu au beau fixe. C'est toujours les
mêmes qui collent au pouvoir, souvent par intérim, et s'enrichissent à travers des partenariats public-privé, des sociétés de privatisation, des pots-de-vin... La négligence et la mauvaise gestion dans les administrations publiques continuent d'aggraver la situation sociétale. Et l'on se demande pourquoi la pauvreté et l'émigration. Il n'est pas étonnant que la dette publique du Liban se calcule en milliards actuellement, soit 66,6 milliards, et fait 169,8% du PIB alors qu'avant la guerre, elle se calculait en millions et représentait 3% du PIB. Les économistes indiquent une augmentation, en progression régulière par an, de la dette du Liban, alors que l'État devrait miser sur la croissance et sur un accroissement du PIB. Il est malheureux de constater le déclin progressif de ce qu'était notre beau Liban.
Pendant que les dirigeants s'enrichissent, l'État et les citoyens s'appauvrissent. Indignez-vous donc! Et changez le visage de cette République. Il est temps pour le patriotisme de prévaloir sur le mercantilisme et les appartenances confessionnelles et
communautaires.
Molly SELWAN


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Magnifique ! Merci ! Et maleureusement tellement vrai... Irène Saïd
11 h 14, le 19 février 2015