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Liban - Éclairage

Le plan de sécurité dans la Békaa perdu d’avance ?

Dix personnes arrêtées et dix-huit véhicules saisis lors des perquisitions de l'armée hier à Hourtaala et Brital, au premier jour de l'opération.

L’armée a bloqué hier les entrées de deux villages de la Békaa, entamant le plan de sécurité en dépit de la tempête. Photo Wissam Ismaïl

La mise en œuvre du plan de sécurité a commencé hier à l'aube dans la Békaa. Une force conjointe de l'armée, des Forces de sécurité intérieure et de la Sûreté générale s'est déployée dans les villages de Hourtaala et de Brital, à l'est de Baalbeck, à la recherche de suspects en fuite.
Les domiciles d'une trentaine de fugitifs ont été perquisitionnés, mais sans qu'aucune arrestation ne s'ensuive dans l'immédiat. Ce n'est que plus tard en journée, après plus de trente-cinq perquisitions, que les arrestations ont commencé. L'armée a fait état d'un bilan final de dix prévenus.
Les personnes recherchées sont des suspects de crimes (vol, trafic de drogue, assassinat...) et plusieurs font l'objet de mandats d'arrêt.
En outre, les forces de sécurité ont perquisitionné des hangars abritant des véhicules volés ou des équipements pour la fabrication de drogues. Des patrouilles du bureau de lutte contre les crimes de vol internationaux ont également pris part à ces opérations. Au total, dix-huit véhicules volés ont été saisis hier, selon le communiqué de l'armée. Les entrées de Brital et de Hourtaala ont été bloquées par des barrages militaires, tandis que les perquisitions se poursuivaient en soirée.
La date de mise en œuvre du plan de sécurité dans la Békaa avait été annoncée il y a deux jours par les médias, malgré l'abstention des responsables de déclarer officiellement la date exacte de lancement de l'opération. D'ailleurs, une source militaire, citée par le quotidien ach-Chark el-Awsat dans son édition d'hier, a démenti cette date, qui aura été ensuite confirmée. Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, continuait d'affirmer, et sans plus d'informations, que « le début de l'exécution du plan dans la Békaa est pour très bientôt ».
La fuite concernant la date aura peut-être ôté au plan de sécurité une part de son efficacité, tributaire de l'élément de surprise. Le déploiement de l'armée aux entrées de Brital, le 20 janvier dernier, avec pour objectif un repérage précis des emplacements potentiels des fugitifs, devait théoriquement optimiser l'opération.
Il existe une autre considération qui, en plus de jeter le doute sur son efficacité, semble trahir une conviction parmi les concernés que ce plan est perdu d'avance. Au cours des deux dernières semaines en effet, des sources ministérielles et sécuritaires concordantes avaient révélé à L'Orient-Le Jour qu'un grand nombre de fugitifs de la Békaa, parmi les plus dangereux, avaient pris la fuite vers le jurd de Baalbeck, et même vers la Syrie.

Le sérieux de l'opération
Le plan de la Békaa serait-il de pure forme, avec pour seule visée de renvoyer une image d'équilibre entre le Nord et la Békaa ?
Pour l'instant, les sources interrogées par L'OLJ ont veillé hier à dissiper le doute sur l'efficacité du plan. Ce souci était clair en tout cas dans les déclarations officielles des responsables, à commencer par le Premier ministre Tammam Salam. Ce dernier a insisté, en Conseil des ministres, sur « le sérieux » de cette opération, a rapporté un ministre.
Alors que les habitants de Brital applaudissaient le déploiement militaire dans leur village, le député Marwan Farès a souligné que « les députés de Baalbeck-Hermel avaient longtemps appelé à cette intervention ». Il a démenti en outre, à l'agence d'informations al-Markaziya, que des fugitifs aient trouvé refuge en Syrie.

Donner du temps...
Selon une source autorisée, le fait que des fugitifs aient réussi à disparaître dans le jurd ou en territoire syrien n'affecte pas l'efficacité du plan. « L'armée et les forces de sécurité sont en mission prolongée dans la Békaa et les fugitifs doivent être tôt ou tard repérés, surtout s'ils ont fui vers le jurd, particulièrement hostile en hiver », soulève la source.
Pour sa part, le conseiller du ministre de l'Intérieur, Jad Akhawi, réfute la possibilité d'une fuite intentionnelle d'informations sur la date de la mise en œuvre du plan de sécurité. Il précise que « les militaires eux-mêmes ignoraient quand l'ordre d'agir allait leur être donné. La décision de mettre à exécution le plan dans la Békaa ne relève que d'une poignée de commandants ».
Il estime surtout que la problématique portant sur l'efficacité de ce plan est hors de propos. « Des exemples concrets viendront le prouver, mais il faut donner du temps à l'opération », affirme-t-il. Il laisse entendre que les spécificités régionales sont à prendre en compte, comme cela avait été le cas à Tripoli. Rétablir l'ordre nécessiterait un fin dosage entre l'exercice ferme de l'autorité publique et le ménagement des sensibilités confessionnelles, qui risquent de dégénérer à tout moment.
Le conseiller du ministre de l'Intérieur dément aussi toute information sur la fuite de certains suspects en Syrie. Il précise enfin, en réponse à une question, que le plan de sécurité ne s'accompagne pas d'un plan de développement socio-économique dans la Békaa, auquel certains habitants de Brital appellent.

La mise en œuvre du plan de sécurité a commencé hier à l'aube dans la Békaa. Une force conjointe de l'armée, des Forces de sécurité intérieure et de la Sûreté générale s'est déployée dans les villages de Hourtaala et de Brital, à l'est de Baalbeck, à la recherche de suspects en fuite.Les domiciles d'une trentaine de fugitifs ont été perquisitionnés, mais sans qu'aucune arrestation ne s'ensuive dans l'immédiat. Ce n'est que plus tard en journée, après plus de trente-cinq perquisitions, que les arrestations ont commencé. L'armée a fait état d'un bilan final de dix prévenus.Les personnes recherchées sont des suspects de crimes (vol, trafic de drogue, assassinat...) et plusieurs font l'objet de mandats d'arrêt.En outre, les forces de sécurité ont perquisitionné des hangars abritant des véhicules volés ou...
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