Une vidéo de Boko Haram dans laquelle apparaissent une centaine de jeunes filles, présentées comme les lycéennes enlevées mi-avril au Nigeria. Photo AFP
Au moins sept personnes ont été tuées hier par un nouvel attentat-suicide dans le nord-est du Nigeria, vaste zone où continuent de sévir les insurgés islamistes de Boko Haram, malgré la mobilisation militaire contre eux par des pays de la région.
L'attentat-suicide, commis par une femme, s'est produit à Biu, dans l'État de Borno, trois jours après l'assassinat de plusieurs policiers à Kanamma. La kamikaze s'est fait exploser hier vers 15h15 heure locale alors que des centaines de vendeurs et d'acheteurs se pressaient au marché comme chaque lundi et chaque jeudi, jours de grands rassemblements dans cette ville située à environ 180 km au sud de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, ont affirmé à l'AFP plusieurs témoins. « J'ai compté sept personnes (mortes) sur les lieux », a déclaré l'un d'eux, Zakka Emmanuel, qui a aussi vu « 20 autres personnes qui saignaient sévèrement » après l'explosion. D'autres témoins et une source hospitalière ont également fait état d'au moins sept tués. Un haut responsable sécuritaire a confirmé l'attaque-suicide, mais a dit ne pas disposer de bilan dans l'immédiat. D'après les témoins, la femme kamikaze s'était glissée parmi les passagers d'un camion qui s'est frayé un chemin jusque dans le marché, fait courant dans la zone. Le véhicule a explosé alors que le chauffeur était sur le point de s'immobiliser. Trois jours auparavant, des dizaines d'hommes de Boko Haram armés de fusils et d'explosifs ont attaqué et incendié un poste de police de Kanamma, dans l'État de Yobe, d'après plusieurs sources sécuritaires et des habitants joints hier par l'AFP depuis Kano, la plus grande ville du Nord. « Les terroristes ont maîtrisé nos hommes et ont mis le feu au poste de police », ils « ont enlevé l'officier chef de district dont le corps a été retrouvé dans la brousse », a déclaré un officier supérieur ayant requis l'anonymat, ajoutant que plusieurs policiers ont été tués, sans être en mesure d'en préciser le nombre.
De son côté, le président Jonathan, très critiqué pour son incapacité à mettre fin aux attaques de Boko Haram, a affirmé mercredi soir avoir « bon espoir que dans les semaines à venir, les opérations militaires (contre ce groupe) s'accéléreront » avant les élections, précisant cependant : « Mais je ne dis pas que nous anéantirons Boko Haram » dans ce délai. Au Nigeria, beaucoup se montrent toutefois sceptiques sur les chances réelles d'un succès en six semaines face à un groupe en expansion militaire depuis six ans, bien implanté localement et disposant d'une importante puissance de feu.


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