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Culture - Théâtre

Les poupées n’ont plus de maison...

« Beit Doumia » (Maison de poupée) du Norvégien Henrik Ibsen, dans une version libanaise signée Ziad Abou Absi, sur les planches du Monnot*. Si les querelles du genre sont toujours d'une brûlante actualité, si l'institution du mariage est plus que jamais en danger, la mise en scène et le jeu des acteurs par contre sont ici décevants et n'ont rien de remarquable.

La troupe au complet saluant le public. Photo Marwan Assaf

Un intérieur bourgeois bien rangé. Décor simple avec fauteuil et canapés en velours sombre assortis aux rideaux à moitié tirés. Sur une table, Nora, héroïne de la pièce, tapote sur le clavier de son ordinateur. Gadget de modernité pour une infime nouveauté et actualité du rôle de la femme pour une œuvre classique, enregistrée à la mémoire du monde à l'Unesco et créée, avec moult controverses, en 1879. L'émancipation de la femme était alors tabou et sujet de terreur.
Même plus d'un siècle et demi plus tard, l'histoire des libertés et égalité des sexes semble au cœur des préoccupations humaines. Rien n'a changé, ou si peu, sous le
soleil.
Un mari malade est sauvé par sa femme grâce à un acte falsifié auprès d'un usurier. Celle que le conjoint nomme ma poupée a agi seule et dans son dos. Ce qui, pour sa carrière de banquier, est une menace et une tache. La faute, commise par amour et dévouement excessif, est avouée et pardonnée par un mari finalement aimant, mais peu porté à concéder un rôle efficace à sa moitié... Nora, consciente d'être écartée des grandes décisions dans la vie du couple, quitte la maison. Avec l'intention d'y revenir quand elle aura affronté et expérimenté la vie.
Invitation à réfléchir sur les valeurs morales et éthiques, de même qu'à revoir les rôles fondamentaux dans la parité homme-femme, tout aussi bien qu'à bannir le machisme teinté toujours de (fausse) gentillesse et de câlins naïfs et sans profondeur du vrai respect d'autrui. «Poupée» a quitté la maison, le mari et les enfants, pour une pause réflexion...
C'est dans ce contexte et ce cadre de narration grave, complexe et tendu dans son réalisme et sa portée sociale et humaine que se déroule cette pièce abordée ici sur un ton de désinvolture, parfois carnavalesque.
Ton se voulant maladroitement léger quand la braise est sous la cendre. Casting déplorable (avec Zae Khaouli, Bassel Madi, Marcelle Jabbour, Halim Schoucair, Mohammad Jalloul, Jean Abou Habib) pour un jeu morne et chargé de minauderies (surtout pour Nora, attifée de chaussette rouge, qui cabotine à outrance!) où les dialogues piétinent, les répliques en langue arabe tombent mal des bouches des acteurs et les gestuelles demeurent d'un amateurisme confondant, soit secs comme un coup de trique ou démesurées et clownesques.
Les intermèdes musicaux sont tout aussi primaires. Trop de décibels et de violons sirupeux et tragiques pour les moments entre deux actes, sans parler, dans un moment d'euphorie pour une soirée bien arrosée, de cette vilaine danse des canards.
Un grand morceau dramaturgique réduit en miettes. Si le théâtre devait ressembler à cette représentation d'une vieillerie d'âge du déluge, ce n'est pas étonnant que les spectateurs aujourd'hui désertent les salles.

*Au Monnot jusqu'au 15 février.

Un intérieur bourgeois bien rangé. Décor simple avec fauteuil et canapés en velours sombre assortis aux rideaux à moitié tirés. Sur une table, Nora, héroïne de la pièce, tapote sur le clavier de son ordinateur. Gadget de modernité pour une infime nouveauté et actualité du rôle de la femme pour une œuvre classique, enregistrée à la mémoire du monde à l'Unesco et créée, avec moult controverses, en 1879. L'émancipation de la femme était alors tabou et sujet de terreur.Même plus d'un siècle et demi plus tard, l'histoire des libertés et égalité des sexes semble au cœur des préoccupations humaines. Rien n'a changé, ou si peu, sous lesoleil.Un mari malade est sauvé par sa femme grâce à un acte falsifié auprès d'un usurier. Celle que le conjoint nomme ma poupée a agi seule et dans son dos. Ce qui, pour sa...
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