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Sport - Pensée Foot

Ce n’est que du foot, Hatem !

« Le garçon sensible qui ressent beaucoup les choses mais les connaît peu est la plus misérable des créatures sous le soleil car son esprit demeure tiraillé par deux forces contradictoires considérables : une force invisible qui le propulse dans les nuages et lui montre, au-delà des rêves embrumés, la beauté des êtres ; une force visible qui l'enchaîne à la terre, obscurcit de poussière son discernement et le laisse désemparé et apeuré dans les plus sombres des ténèbres. » (Les ailes brisées, Gibran Khalil Gibran).

Certaines personnes ne changeront jamais. On aura beau les écouter, les aider, les conseiller ; on aura beau leur prouver de façon logique que leur comportement les amène droit dans le mur ; on aura beau leur dire leurs quatre vérités ; on aura beau les supplier d'arrêter cette entreprise d'autodestruction : même convaincus du bien-fondé de nos propos, ils ne changeront pas. Parce que c'est plus fort qu'eux. Parce que ça fait partie d'eux-mêmes. Parce que c'est eux !
Il y a plus de dix ans, le monde du football découvrait un môme impulsif, maladroit mais terriblement attachant : Hatem Ben Arfa. Première apparition à la télévision et première sortie de route. Dans un documentaire intitulé À la Clairefontaine, diffusé par Canal+ en 2002, on l'aperçoit en train de se battre avec un autre garçon nettement plus grand et plus costaud que lui, également futur joueur de l'équipe de France A, un certain Abou Diaby. La scène est ridicule et pas bien méchante, mais résume à peu de choses près la carrière de celui qui a certainement été présenté trop tôt, comme le futur Zidane de l'équipe de France.
Ses plus fervents supporteurs répètent les mêmes arguments jusqu'à aujourd'hui : Hatem Ben Arfa a tout pour devenir un très grand joueur. Une technique qui n'a rien à envier à celle d'un Ronaldo et un génie comparable à celui d'un Messi. Lui-même n'hésitait d'ailleurs pas à comparer son talent à celui de l'Argentin, il n'y pas si longtemps de cela. Mais pendant que les deux meilleurs joueurs de leur époque accumulent les titres et les distinctions individuelles, l'enfant terrible du football français reste un éternel espoir...
Malgré une technique impressionnante, malgré quelques actions de génie, la carrière de Hatem Ben Arfa est celle d'un joueur moyen qui n'a jamais réussi à être le véritable leader technique de son équipe. Ni à Lyon, où il était pourtant plus impressionnant que son compère Benzema à leurs débuts, ni à Marseille, où il a réussi l'exploit de se mettre tout le monde à dos, ni même à Newcastle, où une grave blessure l'a longtemps éloigné des terrains. Partout où il est passé, Ben Arfa a été adulé puis critiqué par les supporteurs. Partout où il est passé, il s'est disputé avec ses entraîneurs et ses coéquipiers.
Hatem Ben Arfa est une formidable Antigone, victime de toutes les injustices et de tous les complots du monde. Avec lui, c'est toujours la faute des autres : de son père, qui ne lui a pas assez dit qu'il l'aimait lorsqu'il était enfant ; de Jean-Michel Aulas, d'Éric Gerets, de Didier Deschamps, d'Alan Pardew, qui n'ont pas su utiliser ses qualités à bon escient ; enfin, du monde du football en général, qui ne le comprend pas, qui lui veut du mal.
« Ma façon de jouer, c'est une façon de voir la vie... Ton jeu, c'est ce que tu es... Je ne peux pas être pépère, formaté », expliquait-il dans un entretien avec le magazine So Foot.
Oui Hatem, ton jeu, c'est ce que tu es. Un môme impulsif, maladroit mais terriblement attachant. Un môme à qui l'on a tellement dit qu'il était un génie qu'il a fini par y croire. Un môme qui se cherche encore. Un môme qui lit Nietzsche et s'initie au soufisme parce qu'il cherche des réponses. Parce que le foot, comme la vie, est une question existentielle pour lui. Parce qu'il est trop sensible pour ne pas se poser des questions et trop immature pour en comprendre les réponses.
Hatem répète à l'infini l'unique scène de son répertoire : il commence par dire qu'il a changé, fait quelques bonnes performances puis part une nouvelle fois en vrille et se dispute avec tout le monde jusqu'à réclamer son départ pour un autre club. Il cherche désespérément à prouver quelque chose. Et nous on continue d'y croire. On continue à penser qu'il va enfin mûrir et devenir le joueur qu'il devrait être. Ou, plutôt, le joueur que l'on voudrait qu'il soit. Et c'est bien là toute la différence !

P.-S. : cette semaine, Ben Arfa a failli mettre un terme à sa carrière, après que la LFP eut confirmé sa décision de ne pas le laisser jouer avec l'OGC Nice. Il a finalement annoncé qu'il allait continuer le football, même si pour cela il devrait jouer au « pôle Nord ». Pour notre plus grand bonheur...

Certaines personnes ne changeront jamais. On aura beau les écouter, les aider, les conseiller ; on aura beau leur prouver de façon logique que leur comportement les amène droit dans le mur ; on aura beau leur dire leurs quatre vérités ; on aura beau les supplier d'arrêter cette entreprise d'autodestruction : même convaincus du bien-fondé de nos propos, ils ne changeront pas. Parce que c'est plus fort qu'eux. Parce que ça fait partie d'eux-mêmes. Parce que c'est eux !Il y a plus de dix ans, le monde du football découvrait un môme impulsif, maladroit mais terriblement attachant : Hatem Ben Arfa. Première apparition à la télévision et première sortie de route. Dans un documentaire intitulé À la Clairefontaine, diffusé par Canal+ en 2002, on l'aperçoit en train de se battre avec un autre garçon nettement plus grand et...
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