La banque islamique Bank Asya, dixième établissement financier de Turquie, proche de la mouvance de l'imam Fethullah Gülen, rival du président turc Recep Tayyip Erdogan, a été placée tard mardi sous la tutelle de l'État pour manque de « transparence ».
Cet établissement subissait des revers depuis plusieurs mois en raison notamment de l'acharnement du régime islamo-conservateur. Le TMSF, le Fonds d'assurances et de garantie des dépôts, organisme public dont la fonction est l'assurance et la garantie des dépôts bancaires, a modifié la direction de la banque sur ordre de l'instance de régulation du secteur bancaire (BDDK) dont il contrôle désormais les 63 %.
Cette dernière instance a immédiatement nommé de nouveaux administrateurs car Bank Asya « viole les conditions de transparence, de partenariat et d'organisation ». Interrogé mercredi, le ministre turc de l'Économie Nihat Zeybekçi, a estimé que cette saisie ferait taire les spéculations.
« Ce qui devait être fait est fait », a-t-il laconiquement dit aux journalistes à Ankara. Fondée en 1996, la Bank Asya emploie plus de 5 000 personnes dans 300 agences et comptait quelque quatre millions de clients.
Réputée proche du mouvement Hizmet (service en turc), dont M. Gülen (qui vit aux États-Unis) se trouve à la tête, la banque avait subi les attaques du régime et de l'homme fort de Turquie, M. Erdogan, qui a déclaré une véritable guerre contre son organisation qu'elle considère comme l'instigateur des enquêtes de corruption qui l'ont déstabilisée l'an dernier. L'été dernier, le gouvernement avait retiré à cet établissement financier du pays le droit de collecter les impôts au nom de l'État et prié quelques gros clients, comme Turkish Airlines, d'y fermer leurs comptes.
Conséquence, Bank Asya a annoncé en novembre avoir licencié un tiers de ses effectifs, fermé 80 agences et déclaré des pertes de 110 millions d'euros au 3e trimestre.
(Source : AFP)

