Trois militaires français ont été agressés par un homme armé d'un couteau et deux d'entre eux ont été blessés hier à Nice, devant un centre communautaire juif sous protection depuis les attentats de Paris, selon une source policière. L'un des soldats a été blessé au bras et un autre au visage. L'auteur de l'agression, qui s'est déroulée peu après 13h00 GMT dans le centre de Nice, a été arrêté. Une enquête a été ouverte et confiée à des magistrats antiterroristes, selon une source judiciaire. L'agresseur aurait peut-être eu un complice, a ajouté une autre source policière, sans donner de détail sur les motivations ou le profil de cet homme ou de son éventuel complice. Selon plusieurs sources proches de l'enquête, l'individu interpellé s'appellerait Moussa Coulibaly, mais n'aurait « a priori » aucun lien avec Amédy Coulibaly, un des trois jihadistes auteurs des attentats de Paris qui ont fait au total 17 morts et une vingtaine de blessés entre le 7 et le 9 janvier. Âgé de 30 ans et originaire de banlieue parisienne, il avait attiré l'attention des autorités en quittant la France le 28 janvier, muni d'un aller simple pour la Turquie. Il avait été « signalé sans délai (...) aux autorités turques, qui l'ont refoulé », a expliqué une source proche de l'enquête. « À son retour, il a été entendu », mais cet « entretien administratif n'a pas permis de recueillir d'informations suffisantes » pour ouvrir une procédure judiciaire. Peu avant l'agression, il avait été verbalisé dans un tramway de Nice, accompagné d'un homme de 43 ans, né au Tchad et de nationalité canadienne. Ce dernier a été interpellé en milieu d'après-midi et faisait l'objet depuis de « vérifications ». Selon une source proche du dossier, Moussa Coulibaly était connu jusqu'à présent pour des délits de droit commun, qui lui avaient valu six condamnations à des peines d'amende et de prison avec sursis.
En réaction, le président français François Hollande a condamné un « acte criminel » et promis que « toute la lumière sera faite ». Les ministres français de l'Intérieur et de la Défense, Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian, étaient attendus dans la soirée à Nice. Enfin, le président du Consistoire israélite de France, l'instance religieuse de la communauté juive, a déploré hier que les attentats de Paris n'aient pas servi « d'avertissement aux extrémistes, qui n'ont de cesse de s'en prendre à la communauté juive ».
Moyen Orient et Monde
Trois militaires agressés devant un centre juif à Nice
OLJ / le 04 février 2015 à 00h00

