Moyen Orient et Monde

Mobilisation anti-Bibi

Le point
29/01/2015

Ainsi donc « n'importe qui sauf Bibi » pourrait être le slogan de campagne du groupe ? Plutôt, se défendent mollement ses membres, il s'agit de porter à la tête de l'exécutif le meilleur candidat, en mettant de côté toute considération d'ordre personnel.


Nous sommes en l'an 2002. Un homme d'affaires mexicain établi aux États-Unis, Daniel Lubetzky, rêve de créer « un mouvement international, destiné à véhiculer les ambitions d'Israéliens et de Palestiniens partisans de l'existence de deux États ». Ce sera « La Voix », comprendre, bien entendu, celle du peuple.
Trois années plus tard, naît une association qui affiche dès le départ son intention : plonger dans le marigot de la campagne électorale, comme ne le cache pas son nom, V15, le V étant celui de la victoire qui ne manquera pas d'être au rendez-vous, au soir du 17 mars prochain. Dans ce camp, Jeremy Bird est aux commandes.
À l'intention de ceux qui seraient tentés de dire : « Jeremy qui ? » il importe de rappeler que ce brillant diplômé de Harvard, âgé de 36 ans, est un stratège politique reconnu, enrôlé en 2008 sous la bannière d'un certain Barack Obama, alors en campagne en Caroline du Sud. À l'époque, Hillary Clinton y caracolait en tête dans les sondages . Aux primaires, ce fut « un Noir avec un drôle de prénom » qui l'emporta avant qu'il ne rafle la mise à l'échelle nationale. La prouesse valut au jeune Bird sa promotion au titre de directeur adjoint de la campagne de celui qui allait succéder à George W. Bush.


Rebelote en 2012, cette fois au titre de directeur.
Aujourd'hui, la voix a pignon sur rue à Tel-Aviv, boulevard Lilienblum où son quartier général ne passe pas inaperçu avec ses innombrables affiches et ses jeunes en tee-shirt arborant des pins « Victory 2015 ». Le technocrate des élections, lui, vient de réussir son débarquement en Israël où, murmure-t-on, il s'apprête à rééditer l'exploit de Columbia (la capitale de la Caroline du Sud), en refaisant ce qui lui avait si bien réussi il y a sept ans : le porte-à-porte.
L'innovation avait consisté à mobiliser à travers le pays des milliers d'étudiants pleins d'énergie et bourrés de talent dont la mission consistait à « placer » le « produit » Obama. Certes, avec l'exiguïté de son territoire, la multiplicité de ses partis, un pourcentage élevé de participants aux consultations populaires et la complexité de son système politique, Israël est loin de ressembler à l'Amérique. Mais le principe du démarchage demeure valable, pour peu qu'on ait le temps et les moyens d'atteindre 150 000 à un million d'électeurs potentiels.
Depuis quelque temps, « The Voice » et V15 travaillent main dans la main, en attendant leur fusion, que l'on donne pour imminente, et qui devrait leur permettre de passer à la vitesse supérieure. Ce n'est donc pas une simple hache de guerre qui est déterrée mais l'arsenal ultralourd, avec tous les risques que cela comporte.
À ceux qui hurlent à l'immixtion dans les affaires interieures d'un État ami, on rappellera qu'il existe à cela des précédents, comme la visite à la Maison-Blanche de la chancelière Angela Merkel à la veille des dernières élections allemandes, ou encore les deux rencontres avec le Britannique Gordon Brown, ce qui n'avait pas empêché ce dernier de perdre le scrutin au profit de David Cameron. Et l'on n'évoquera pas certaines interventions plus musclées en Amérique latine et en Afrique...


Le danger d'un effet boomerang n'est pas à écarter. Les dernières études de marché donnent « Bibi » facile vainqueur dans quarante-huit jours, malgré les quolibets que lui a valu sa ridicule équipée parisienne lors de la marche qui avait suivi les sanglants attentats commis entre le 7 et le 9 janvier. Malgré aussi le faux pas constitué par l'annonce de cette visite aux États-Unis et l'invitation à prendre la parole devant le Congrès qui lui a été adressée pour l'occasion par le président du Chambre des représentants US, le républicain John Boehner. À cette occasion, le chef du gouvernement israélien ne sera reçu ni par le locataire de la Maison-Blanche ni par le secrétaire d'État John Kerry. Une manière pour l'administration démocrate de répondre aux multiples rebuffades subies à Jérusalem, au fil des années, par ses émissaires.
Le Grand Old Party a droit lui aussi, c'est bien son tour, à une volée d'accusations dont les auteurs lui reprochent de se comporter pour l'occasion d'une manière inconsidérée dans une affaire strictement interne comme le sont des législatives. Il n'est pas le seul à le faire. Ni sans doute le dernier.

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LA TABLE RONDE

"Israël" craint une riposte de l’Iran
et n’est pas prête à entrer dans une confrontation avec le Hezbollah, étant donné "les dégâts énormes que cela provoquerait: le Hezbollah dispose de 100.000 roquettes", bien plus que n'en avait le Hamas avant la guerre de 2014. "Les risques (d'escalade) avec le Liban sont très minces, pour ainsi dire inexistants", a dit à l'AFP Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale sous M. babayahou.
"Aucune des deux parties n'a intérêt à une opération majeure". "Tout ce qui vient d'Iran passe par la Syrie", à commencer sans doute par les missiles qui ont servi mercredi, dit-il.
« Israël » craint également une riposte de la part d’Iran, rapportent les médias israéliens. Téhéran n'a pas encore annoncé que les pendules ont été remises à l'heure pour ce qui concerne le raid meurtrier du Golan qui a couté la vie à un de ses colonels. Par conséquent, « Israël » peut supposer que les Iraniens sont encore en train de préparer leur revanche. Cet article confirme le piege dans lequel veulent pousser les occicons, babayahou et ses 40 voleurs . Tout ca grace a une certaine resistance tant decriee mais triomphante .

HADDAD Fouad

Merci pour cet éclairage.

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